Moratoire sur les hydrocarbures: décision dans quelques semaines, dit Heurtel

QUÉBEC – Une nouvelle étude sur la filière des hydrocarbures ne télescopera pas un mandat d’évaluation du gaz de schiste confié au Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE), a déclaré jeudi le ministre de l’Environnement, David Heurtel.

M. Heurtel a également affirmé que le gouvernement libéral décidera dans quelques semaines si un moratoire est nécessaire sur des projets d’exploration de gaz de schiste ou de pétrole.

Le ministre de l’Environnement a déclaré que cette décision sera présentée au moment où sera mandatée l’étude environnementale stratégique (ÉES) sur la filière du gaz et du pétrole.

«Ce qu’on a annoncé, c’est qu’il y aura une ÉES sur l’ensemble de la filière et dans les prochaines semaines on va également dévoiler nos intentions, quel sera l’impact de cette ÉES sur l’ensemble des projets», a-t-il dit.

Alors que le BAPE a déjà reçu le mandat d’évaluer les impacts de la filière du gaz de schiste, M. Heurtel a assuré que l’ÉES sur l’ensemble des hydrocarbures n’aura aucun impact sur cette démarche.

«Les dossiers qui sont déjà sous l’égide du BAPE vont demeurer sous l’égide du BAPE, a-t-il dit. Alors on va attendre les rapports sur les différents dossiers dont le BAPE est saisi.»

Le BAPE a amorcé en avril une première série d’audiences sur le gaz de schiste, qui doivent reprendre en juin. Les péquistes avaient confié ce mandat au BAPE, en février, après avoir reçu les résultats d’une première ÉES sur le gaz de schiste, le mois précédent.

Dans son discours d’ouverture, mercredi, le premier ministre Philippe Couillard a annoncé son intention de soumettre tout le secteur des hydrocarbures à une vaste évaluation, a rappelé M. Heurtel.

«Quand on parle d’hydrocarbures, on parle de plusieurs types d’hydrocarbures, ça comprend l’ensemble de la filière», a-t-il dit.

Lors d’un bref échange avec la presse parlementaire, M. Heurtel a indiqué que les questions des activités d’exploration de gisements de pétrole sur l’île d’Anticosti et de gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent seront abordées prochainement.

«Lorsqu’on dévoilera l’ensemble du déroulement de cette évaluation, on fera connaître nos intentions par rapport à l’ensemble des projets spécifiques», a-t-il dit.

M. Heurtel a cependant déclaré que l’ÉES servira à établir les orientations qui guideront les activités dans l’ensemble du secteur des hydrocarbures.

«On pourra avoir un meilleur sens de quelle direction prendre pour l’ensemble de la filière des hydrocarbures», a-t-il dit.

Les activités d’exploration de gaz de schiste sont frappées par un quasi-moratoire dont l’échéance arrive au cours du mois de juin. Sur l’île d’Anticosti, les travaux d’exploration d’un gisement de pétrole de schiste devaient reprendre cet été.

En Chambre, l’opposition péquiste a soutenu que le gouvernement veut raviver le secteur du gaz de schiste dans la Vallée du Saint-Laurent.

«On parle de forages dans la cour des gens dans la zone la plus densément peuplée du Québec, la vallée du Saint-Laurent, a dit le député Bernard Drainville. Le ministre de l’Environnement, je pense, vient de confirmer nos inquiétudes. Il est en train de confirmer qu’ils vont raviver, qu’ils vont relancer le dossier du gaz.»

Dans sa réponse, M. Heurtel démenti l’interprétation de M. Drainville.

«Bien au contraire, a-t-il dit. En proposant une évaluation environnementale stratégique globale sur l’ensemble de la filière des hydrocarbures, ça démontre à quel point notre gouvernement prend très au sérieux l’ensemble de ce dossier.»