Négociations dans la santé: on rapporte quelques progrès

MONTRÉAL – Les négociations ont connu quelques progrès récemment entre les représentants gouvernementaux et ceux de certains syndicats dans le domaine de la santé et des services sociaux, du moins aux tables sectorielles.

Les tables sectorielles sont celles où sont discutées des questions propres à chaque secteur, comme l’éducation ou la santé, et non à tout le front commun, comme les salaires et les régimes de retraite. C’est aux tables sectorielles que sont discutées des questions touchant par exemple l’organisation du travail et les horaires.

Or, un bulletin interne sur l’état de la négociation à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS) de la CSN rapporte effectivement une intensification des pourparlers, voire certains progrès.

«Il y a eu une augmentation du rythme de nos rencontres et nous poursuivons des échanges constructifs», écrit-on dans cette note interne de neuf pages.

«Nous avons réalisé des progrès mais il reste beaucoup de travail à faire, y indique-t-on. Nous avons réussi à faire reculer la partie patronale sur plusieurs irritants, ouvrant la voie à une intensification des pourparlers.»

La FSSS-CSN y reste cependant vague, affirmant que les travaux se poursuivent en mode exploratoire. On y évoque la réception d’une proposition patronale sur la formation, ainsi que des réponses obtenues quant à des mesures pour contrer la privatisation.

Rappelons que samedi dernier, une imposante manifestation du front commun des secteurs public et parapublic a réuni des dizaines de milliers de personnes à Montréal — 150 000 selon les organisateurs.

Infirmières aussi

Du côté des infirmières aussi, on rapporte un meilleur élan.

La Fédération interprofessionnelle de la santé, qui ne fait pas partie du front commun, avait claqué la porte, le 23 septembre dernier, avant de retourner à la table de négociation le 2 octobre. La présidente de la FIQ, Régine Laurent, avait alors affirmé que le gouvernement avait fait un pas dans la bonne direction.

À la FIQ, on souligne que les primes continuent d’être un irritant important. Ces «primes majorées» — de soir, de nuit et pour les «soins critiques» — visent à attirer et maintenir le personnel à des quarts de travail moins attrayants ou à des postes plus exigeants.

Tant à la FSSS-CSN qu’à la FIQ, des sources ont pris soin d’ajouter que les parties étaient loin d’une entente, même aux tables sectorielles.

De son côté, à Québec, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a laissé entendre que le gouvernement ne traitait pas le secteur de la santé différemment des autres.

«Le travail se fait avec tous les groupes. Il n’y a pas de groupe qui va être favorisé par rapport à un autre», a-t-il répondu, avant d’ajouter que «les problématiques peuvent être différentes» pour certaines catégories de travailleurs de l’État.

Il a assuré que les propositions gouvernementales n’avaient pas changé sur les questions comme les salaires et les régimes de retraite. «Il faut absolument respecter le cadre financier du gouvernement. On a mis sur la table des choses qui permettent de progresser», a-t-il ajouté.

Le gouvernement offre à l’ensemble des employés de l’État deux années de gel salarial, suivies de trois années avec des augmentations de 1 pour cent par année. De plus, il veut faire passer de 60 à 62 ans l’âge auquel il sera possible de prendre sa retraite sans pénalité.

De son côté, le front commun réclame 4,5 pour cent d’augmentation par année pendant trois ans.

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