Secteur public: Coiteux et Létourneau confirment une intensification des négos

QUÉBEC – Tant le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, que celui de la CSN, Jacques Létourneau, ont confirmé vendredi que les négociations s’étaient intensifiées dans le but de conclure une entente avec les employés de l’État.

«J’ai bon espoir», a confié le président de la CSN Jacques Létourneau, en entrevue avec La Presse Canadienne. Il motive son espoir par l’intensification des pourparlers et par la mise à jour économique faite jeudi par le ministre des Finances Carlos Leitao, dans laquelle il a perçu «une marge de manoeuvre».

Un blitz de négociation? «Il y en a un, ça c’est clair. Il y en a un au sectoriel et il y en a un à la table centrale. On est rendu pas mal à la rivière, là. Disons qu’on est sur des gros morceaux: la retraite, la question des salaires, la question de la relativité salariale», a indiqué le président de la plus grosse constituante du front commun.

M. Létourneau a aussi prévenu qu’il ne fallait pas voir comme un absolu la journée de grève du 9 décembre annoncée jeudi soir par le front commun intersyndical.

«Il ne faut pas comprendre, dans le signal qui a été envoyé hier (jeudi) par rapport au 9 décembre, que c’est un passage obligé. Ultimement, on va l’évaluer en fonction de là où on sera rendu dans une dizaine de jours. Ce sont les lois du travail qui nous ont obligés à déposer les avis de grève» parce qu’il fallait respecter certains délais, a-t-il expliqué.

Le président de la CSN a également affirmé que les parties négocient sur la base de la contre-proposition déposée par le front commun, et non sur la base des offres du Conseil du trésor, qui était faites de deux années de gel salarial et trois années avec des augmentations limitées à 1 pour cent.

Le front commun revendique 2,9 pour cent la première année et au moins 2 pour cent pour les deux années suivantes, en fonction de l’Indice des prix à la consommation et d’un rattrapage salarial.

«On discute sur la base de notre contre-proposition. On comprend que le gouvernement va certainement revenir avec d’autres propositions. En bout de piste, ultimement, ce sont les syndicats qui vont apprécier les travaux et les résultats finaux de tout ça», a conclu M. Létourneau.

De son côté, avant de se rendre à une réunion spéciale du conseil des ministres, M. Coiteux s’est montré prudent, mais encouragé par l’ouverture des syndicats, qui permet d’accélérer les travaux.

«On veut voir la lumière au bout du tunnel de cette question et on veut la voir plus tôt que tard, a-t-il dit. Alors il y a une intensification et on espère qu’on va arriver à bon port.»

Il a soutenu que le gouvernement n’aurait pas accepté d’intensifier les discussions sans la perspective d’un règlement négocié.

M. Coiteux ne s’est toutefois pas avancé sur un horizon pour l’annonce d’une entente éventuelle.

«Il y a une ouverture qui a été témoignée, du côté syndical, qui permet d’intensifier les travaux et on est dans cette période de travaux plus intenses», a-t-il dit.

La présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE) Josée Scalabrini a écarté la possibilité d’une entente à coût nul pour le gouvernement.

«On dit que des gens qui ont froid, des gens qui sont gelés n’enlèveront pas des bas de laine pour se faire des mitaines. Comme le système scolaire gèle depuis des années pour nous ce n’est pas vrai qu’on va prendre de l’argent dans des enveloppes simplement pour déposer dans d’autres enveloppes.»

Mme Scalabrini, qui a répété les demandes d’allègement de tâche et de réinvestissement dans le réseau scolaire, a estimé possible une entente d’ici dimanche.

Selon la représentante syndicale, les plus récentes demandes déposées par la FSE sont estimées à 100 millions $.