Le président du SPGQ dénonce l’opération «idéologique» menée par Martin Coiteux

QUÉBEC – Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, transforme les négociations du secteur public en opération «idéologique» visant en fait à démanteler l’État québécois, selon le Syndicat des professionnels du gouvernement (SPGQ).

Le président du SPGQ, Richard Perron, n’a pas mâché ses mots, mercredi, en conférence de presse, en attaquant à visière levée le grand patron des fonctionnaires, après avoir pris connaissance des offres non salariales du gouvernement à ses employés, dans le cadre du renouvellement de leurs conventions collectives.

Selon le leader syndical des professionnels du gouvernement, Martin Coiteux prend prétexte de l’état des finances publiques pour appliquer un programme politique de droite, axé sur la réduction sans concession de la taille de l’État.

Il soutient qu’il est faux de prétendre, comme on le fait au gouvernement, que l’ampleur du déficit exige un retour précipité à l’équilibre budgétaire.

«Les prémisses sur lesquelles on se base — c’est-à-dire que le feu est pris dans la maison — sont fausses!», a-t-il dénoncé, disant s’appuyer sur les affirmations de nombreux économistes convaincus que les choix politiques actuels du gouvernement poussent le Québec vers la récession.

Il est tout aussi faux de prétendre, selon lui, que les grandes firmes de notation de crédit sont prêtes à abaisser la cote du Québec, s’il n’élimine pas son déficit au plus tôt.

«Tout ça est très idéologique», selon M. Perron, qui se demande «pourquoi on veut charcuter l’État comme ça?»

Il tente une réponse: «Je ne sais pas si les réponses se trouvent dans les écrits de M. Coiteux, qui ont tous été effacés. Il faisait la promotion du décapitage (sic) de l’État, d’une résorption de l’État, de politiques économiques à la républicaine américaine» avant de se lancer en politique le printemps dernier, selon le leader syndical du secteur public.

À ses yeux, les offres déposées par Québec à ses employés dénotent «un manque de respect», voire «un mépris», constituant «une insulte pour nos membres».

Après avoir été informés lundi que leur salaire allait être gelé pendant deux ans, les fonctionnaires et professionnels à l’emploi du gouvernement ont appris mercredi d’autres mauvaises nouvelles, notamment que leur banque de congés de maladie ne serait plus ce qu’elle était.

Actuellement, les employés du secteur public ont droit à 12 congés de maladie par année et peuvent les cumuler indéfiniment s’ils ne les prennent pas, si bien que plusieurs d’entre eux peuvent ainsi partir plus rapidement à la retraite à la fin de leur carrière grâce à des semaines, voire des mois, de jours de congés de maladie accumulés.

Cette époque semble révolue. On passera désormais de 12 à 7 jours de maladie par an. Les journées non prises ne pourront plus être accumulées, et seront remboursées à 70 pour cent de leur valeur à la fin de chaque année.

Le ministre Martin Coiteux a fait valoir qu’il s’agissait là d’une mesure «très généreuse», qui «n’existe pas ailleurs» dans le secteur public. Selon lui, la remettre en question relève donc du «gros bon sens».

Résultat à court terme: des milliers de fonctionnaires âgés vont précipiter leur départ à la retraite pour bénéficier des conditions actuelles, selon un des vice-présidents du Syndicat de la Fonction publique (SFPQ), Christian Daigle, qui craint ainsi la perte d’une précieuse expertise au sein de l’État.

Au cours de la dernière année, 2013-2014, la facture des congés de maladie non utilisés pour les années passées a atteint 111 millions $ au total, pour les fonctionnaires et les enseignants québécois.

Actuellement, au moment de la retraite, un fonctionnaire peut monnayer la moitié de sa banque de congés de maladie, jusqu’à un maximum de 66 jours.

«On considère que c’est une attaque (du gouvernement) envers ses employés et nous devrons y répondre», a résumé en conférence de presse une autre vice-présidente du SFPQ, Maryse Rousseau, qui prévoit des négociations «ardues» avec Québec.

Le gouvernement est en train de créer une véritable «panique» chez ses employés, selon elle.

«C’est la panique générale chez nos membres», a renchéri Richard Perron, du SPGQ.

Québec veut aussi réduire le nombre de jours de libération syndicale et ne plus payer pour les activités syndicales.

On va aussi resserrer les critères des réclamations de temps supplémentaire, particulièrement lors des déplacements ailleurs au Canada et à l’étranger.

Les dépenses admissibles pour remboursement lors des déplacements des fonctionnaires seront revues à la baisse.

Lundi, le gouvernement a proposé à ses employés un contrat de cinq ans comportant une augmentation salariale de trois pour cent. Québec prévoit un gel les deux premières années, suivi d’une hausse de un pour cent de la rémunération les trois années suivantes. Le gouvernement veut aussi faire passer l’âge de la retraite de 60 à 62 ans.

M. Daigle estime que le gouvernement, dans ce contexte, aura de plus en plus de difficulté à recruter et retenir des gens de qualité dans la fonction publique.

Le processus de négociation entre les parties s’annonce plus difficile que jamais dans le passé, tellement la grogne syndicale est palpable, prélude à la mobilisation des employés de l’État.

Les commentaires sont fermés.

Madame Richer, sans vouloir me répéter, je souligne qu’il s’agit de propositions que fait le Gouvernement et que c’est donc l’emploi du conditionnel présent et non du futur simple qui devrait prévaloir. Je veux bien concevoir que le Gouvernement ne semble pas particulièrement d’humeur à négocier mais il n’en demeure pas moins que c’est bel et bien des négociations qui s’entament. J’imagine qu’il ne vous aventureriez pas a affirmer que les fonctionnaires auront des augmentations de 13,5%. De meme doit il en être du gel.

Qu’est-ce qu’il à contre les fonctionnaires Coiteux? S’il a versé 111 millions, combien d’impôt est revenu dans les coffres de l’État? Les solde a été dépense dans l’économie du Québec. Le printemps s’annonce chaud et bruyant

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