Neuf groupes veulent un protocole de gestion des commotions cérébrales

MONTRÉAL – Neuf organismes intéressés au sport et à la santé réclament l’instauration au Canada de véritables protocoles de gestion des commotions cérébrales, inspirés des meilleures pratiques.

Ces groupes, parmi lesquels l’Association médicale canadienne et l’Association canadienne de physiothérapie, demandent à toutes les parties intéressées de faire leur part pour mieux reconnaître les commotions cérébrales et mieux réagir face à celles-ci, qu’il s’agisse des gouvernements fédéral et provinciaux, des organismes de sport canadiens et provinciaux, des établissements d’enseignement, des clubs communautaires, du système de santé et des parents.

Les neuf organismes qui forment la «Collaboration canadienne pour les commotions cérébrales» ont fait part de leurs recommandations jeudi; celles-ci sont publiées dans le British Journal of Sports Medicine. Ils espèrent maintenant susciter un engouement.

En entrevue jeudi, le président du regroupement, le docteur Pierre Frémont, professeur agrégé de médecine à l’Université Laval, a admis que les gens sont plus conscients qu’avant des risques de commotions cérébrales dans certains sports, puisque les médias en ont beaucoup parlé. Mais il faut faire plus, selon lui, avec des exigences.

«Ce n’est pas exigé, sauf dans des situations extrêmement minoritaires, à l’heure actuelle. Donc, pour accélérer les choses, pour qu’on ne fasse pas seulement mieux au niveau professionnel, élite et universitaire, mais qu’on fasse mieux rapidement dans l’espace scolaire de plus bas niveau, notamment au niveau secondaire et à la fin du primaire, dans certains sports, il faut que ça devienne une exigence. Et nous, c’est ce qu’on réclame. C’est ça qui n’existe pas: l’exigence de mettre en place (un protocole) pour accélérer les choses», a expliqué le docteur Frémont.

Il ne tient pas à ce qu’un seul protocole uniforme soit imposé du haut de la pyramide à tous les partenaires et à tous les organismes de sport en bas de la pyramide. Les objectifs énoncés par le regroupement constituent «un guide pour permettre à chacun, selon son contexte, selon son sport, de faire une adaptation d’un protocole adéquat».

Et il ne veut pas qu’un éventuel protocole de gestion des commotions soit un simple protocole de retour au jeu, comme plusieurs le pensent. «Un protocole, c’est beaucoup plus large que ça. Ça passe par la révision annuelle, l’éducation de toutes les personnes, les parents, les jeunes, les coachs, prévoir les trajectoires de soins, le retrait scolaire, le retour à l’apprentissage, le retour au sport, les références en cas de situation plus complexe, etc», a résumé le docteur Frémont.

Le regroupement demande aux ministères concernés d’adopter des lois ou politiques sur la gestion des commotions cérébrales dans les activités à risque élevé.

Il s’adresse également aux parents, les invitant à militer pour qu’un protocole soit adopté et suivi dans le club sportif de leur enfant.

En plus des organismes déjà nommés, le regroupement inclut également la Société canadienne de pédiatrie, le Collège des médecins de famille du Canada et l’Association canadienne des médecins d’urgence.

Les plus populaires