Oliver promet une hausse des dépenses militaires, mais pas avant deux ans

OTTAWA – Le gouvernement Harper promet de dépenser davantage pour maintenir à flot les forces armées, mais pas avant deux ans, et moins que le minimum requis estimé par le directeur parlementaire du budget.

Le nouveau budget confirme aussi des améliorations, déjà connues, des prestations aux anciens combattants — 1,6 milliard $ inscrits à l’exercice financier de l’an dernier, afin de contribuer à l’atteinte du déficit zéro, comme l’avaient promis les conservateurs.

Le ministre Joe Oliver a donc annoncé mardi qu’il prévoyait des allocations de 11,8 milliards $ sur 10 ans pour l’approvisionnement militaire, mais à compter de l’exercice 2017-2018. La Défense nationale disposera cette année-là de 184 millions $ supplémentaires, et cette enveloppe nouvelle grimpera graduellement jusqu’à 2,3 milliards $ en 2026-2027.

Le directeur parlementaire du budget estimait cependant, il y a quelques semaines, que le gouvernement devrait dépenser jusqu’à 3 milliards $ de plus par année pour simplement maintenir à flot les forces armées à leur niveau actuel.

Le budget Oliver prévoit aussi une charge extraordinaire de 360,3 millions $ cette année pour la lutte contre le groupe armé État islamique, et une somme additionnelle de 7,1 millions $ pour la mission de formation militaire en Ukraine, annoncée récemment.

Le gouvernement réserve enfin une somme de 23 millions $ destinée spécifiquement à rehausser la sécurité dans les bases militaires du pays — à la suite des attentats meurtriers contre des soldats, en octobre dernier, à Saint-Jean-sur-Richelieu et Ottawa.

Depuis quelques semaines, le nouveau ministre des Anciens Combattants, Erin O’Toole, annonce diverses mesures pour les vétérans, dont une prestation de retraite pour les soldats qui ne sont pas admissibles au régime de retraite de l’armée, un programme de soutien financier aux aidants naturels de militaires blessés, et l’embauche de personnel pour traiter les dossiers et les réclamations. Or, le budget Oliver tient compte de ces initiatives, mais les comptabilise dans l’exercice qui a pris fin le 31 mars.

Le gouvernement conservateur subissait des pressions pour augmenter ses budgets militaires — notamment de ses alliés de l’OTAN —, mais selon l’analyste Dave Perry, l’annonce de mardi aura peu d’impact — après tout, l’armée canadienne a subi des coupes de 2,1 milliards $ des conservateurs pour leur atteinte du déficit zéro, rappelle-t-il. Le prochain gouvernement, selon lui, devra faire des choix douloureux et peut-être même procéder à des coupes — soit des effectifs, soit de l’approvisionnement prévu.

Dans son précédent budget, le gouvernement conservateur avait annulé 3 milliards $ de dépenses prévues pour l’achat de navires, d’avions et de véhicules militaires, tout en promettant de procéder à ces acquisitions plus tard, mais le budget Oliver est muet à ce sujet — comme d’ailleurs les prévisions de dépenses pour les prochaines années, aussi déposées mardi.

À quelques mois d’élections générales prévues le 19 octobre, les conservateurs auraient aimé se présenter comme les champions du militaire, mais leur budget, estime l’analyste Perry, démontre que leur bilan est plutôt mitigé en cette matière — du moins après les années glorieuses de 2007-2010.

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