Des élections générales anticipées auront lieu le 12 juin en Ontario

TORONTO – La première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, déclenche des élections générales pour le 12 juin, plutôt que voir le budget de son gouvernement minoritaire défait par l’opposition.

Mme Wynne s’est dit déçue d’apprendre que les néo-démocrates avaient choisi de ne pas appuyer le budget de son gouvernement, déposé jeudi. Au lieu de voir son gouvernement s’exposer à des semaines de critiques à Queen’s Park avant le vote sur le budget, Mme Wynne a donc choisi de déclencher elle-même un scrutin anticipé — les dernières élections générales en Ontario ont eu lieu il y a un peu plus de deux ans et demi, le 6 octobre 2011.

Les électeurs ne devraient pas établir leur choix en fonction de la droite ou de la gauche, mais entre une approche libérale équilibrée à la création d’emploi et à la croissance économique, et les «stratagèmes insouciants» des partis d’opposition, a plaidé Mme Wynne vendredi après-midi, après avoir demandé la dissolution de la Chambre au lieutenant-gouverneur, David Onley. «Ils auront un choix, en fait, entre des valeurs sûres et des tactiques risquées», a-t-elle soutenu.

La première ministre a décoché plusieurs flèches à l’endroit du premier ministre fédéral Stephen Harper sur le manque de financement de projets d’infrastructures tels que le Cercle de feu — du nom d’un secteur minier dans le nord de l’Ontario — ou l’absence d’aide pour améliorer le revenu de retraite de personnes ne pouvant compter sur un régime de travailleurs.

Mais Mme Wynne a réservé ses plus vives attaques aux néo-démocrates et aux progressistes-conservateurs en Ontario. «Le NPD fait des promesses en l’air, mais ils ne disent pas comment ils vont les financer, a-t-elle soutenu. Le temps n’est pas aux projets chimériques.»

Quant aux progressistes-conservateurs, ils feraient faire à la province un «retour dans le passé» en «déclarant la guerre» aux syndicats et en sabrant dans des programmes du gouvernement sur lesquels les gens comptent, a poursuivi Mme Wynne.

«Leurs coupes décimeraient des services publics cruciaux en santé et en éducation, a-t-elle fait valoir. Leurs coupes nous amèneraient dans la voie d’une économie à faible croissance et à faible rémunération.»

La chef du Nouveau Parti démocratique ontarien, Andrea Horwath, avait affirmé en matinée qu’en toute conscience, son parti ne pouvait appuyer un gouvernement qui ne suscite guère la confiance des citoyens, en plus d’avoir été éclaboussé par divers scandales.

«Ce budget n’est pas un plan solide pour l’avenir. Il s’agit d’une course effrénée pour éviter les scandales en promettant la lune et les étoiles», a soutenu Mme Horwath.

Les néo-démocrates se joignaient ainsi aux progressistes-conservateurs pour s’opposer au budget déposé jeudi par le ministre des Finances, Charles Sousa. Outre les critiques sur le budget, Mme Horwath a évoqué l’affaire des centrales thermiques, l’enquête de la police sur le service aérien d’ambulances Ornge et les poutres défaillantes installées pour la promenade Herb-Gray à Windsor.

«Il s’agit d’un scandale après l’autre, d’une tendance lourde de la part d’un gouvernement qui n’a pas su changer de direction», a exprimé la chef du NPD.

Le chef du Parti progressiste-conservateur, Tim Hudak, a qualifié les néo-démocrates d’hypocrites pour avoir mis autant de temps avant de décider d’évincer les libéraux, ce qui aurait dû être fait il y a au moins un an, selon lui.

«Si vous cherchez à déterminer qui sera le meilleur acteur sur la scène, si vous êtes à la recherche d’une personne qui se prête à un concours de popularité en promettant toutes sortes de projets qu’elle ne sera pas en mesure de financer, alors votez pour la chef du Parti libéral ou du NPD», a lancé M. Hudak à Ottawa.

«Mais si vous souhaitez un virage pour remettre l’Ontario au travail, jetez un oeil vers moi, vers mon équipe, vers ma vision (pour la province)», a-t-il poursuivi.

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