Ontario: l’expert ayant accédé aux ordinateurs était à contrat avec les libéraux

TORONTO – Les libéraux de l’Ontario ont confirmé lundi qu’un consultant externe en informatique qui aurait eu accès, selon la police, à 24 ordinateurs du cabinet du premier ministre l’an dernier était lié par contrat au gouvernement, et que ce contrat a été annulé il y a deux jours.

Le leader parlementaire du gouvernement, John Milloy, a expliqué que l’expert en informatique Peter Faist avait également signé un contrat avec le bureau du caucus libéral à Queen’s Park, mais que ce contrat s’est terminé lorsque l’ancien premier ministre Dalton McGuinty a quitté son poste.

La Police provinciale de l’Ontario, qui enquête sur la suppression de courriels gouvernementaux relatifs à l’annulation de deux projets de centrales électriques au gaz naturel, a indiqué dans des documents déposés en cour que l’accès aux ordinateurs avait été accordé par l’ancien chef de cabinet de M. McGuinty, David Livingstone.

Les documents, rendus publics jeudi dernier, révèlent également que M. Livingstone a demandé une autorisation spéciale pour accéder aux ordinateurs afin d’y effacer le contenu des disques durs.

La députée du Parti progressiste-conservateur Lisa MacLeod affirme que M. Faist était «à l’emploi de Kathleen Wynne» jusqu’aux révélations de la Police provinciale de l’Ontario, la semaine dernière.

Selon Mme MacLeod, ces révélations soulèvent davantage de questions sur le rôle de la première ministre dans la tentative d’étouffer le scandale entourant la décision des libéraux d’annuler les projets de centrales à Oakville et Mississauga juste avant les élections de 2011. Cette décision aurait coûté jusqu’à 1,1 milliard $ aux contribuables.

Les libéraux accusent les conservateurs de faire de la «politique sale» en essayant de lier Mme Wynne aux présumées tentatives de modifier les contenus des ordinateurs au cabinet du premier ministre. John Millroy a indiqué qu’il ne savait pas combien M. Faist avait été payé par les libéraux, et n’a pas dévoilé les termes de son contrat.

Les partis de l’opposition étaient furieux, lundi, lorsque Mme Wynne a brillé par son absence à la période de questions. Les néo-démocrates ont même quitté l’Assemblée législative en guise de protestation.

Mme Wynne a envoyé une lettre ouverte, dimanche, demandant au chef progressiste-conservateur, Tim Hudak, de retirer ses allégations voulant qu’elle ait «possiblement ordonné la destruction de documents» liés à l’annulation des projets de centrales.

Les conservateurs ont cependant déclaré qu’ils ne reculeraient pas et ont accusé Mme Wynne, qui se trouvait à Sault-Ste-Marie, lundi, de se cacher dans un «programme de protection des témoins» plutôt que de se présenter à la période de questions.

Le personnel de la première ministre a assuré, lundi, que Mme Wynne n’a rien eu à voir avec la destruction de tout document lié aux centrales, et a insisté sur le fait que la visite à Sault-Ste-Marie était planifiée depuis longtemps.