Ontario: une action collective contre les agressions dans des écoles pour sourds

TORONTO – Un Torontois qui affirme avoir été maltraité pendant des années dans différentes écoles ontariennes pour élèves sourds a déposé une demande d’action collective contre le gouvernement provincial au nom d’autres anciens élèves.

L’exposé de la demande, déposé lundi devant la Cour supérieure de justice de l’Ontario, allègue que des agressions sexuelles, physiques et psychologiques se sont produites dans quatre écoles provinciales pour élèves sourds pendant plus d’une décennie.

Aucune des allégations n’a encore été prouvée en cour.

Dans son exposé, Christopher Welsh accuse la province de négligence dans la mise sur pied, le financement, la gestion et la supervision de quatre écoles situées à Ottawa, London, Belleville et Milton. Il affirme que «les élèves ont subi des agressions sexuelles, physiques et émotionnelles d’enseignants, de conseillers, d’autres élèves et d’employés des écoles».

Un porte-parole du ministère de l’Éducation de la province n’a pas voulu commenter, l’affaire se trouvant devant les tribunaux. Il a cependant indiqué que le gouvernement actuel croyait que chaque enfant méritait une éducation de qualité et un environnement propice à l’apprentissage.

M. Welsh a lui-même fréquenté deux des établissements nommés dans l’action collective: l’école Ernest C. Drury pour les sourds à Milton, où il a vécu à partir de l’âge de cinq ans en 1964, et l’école Robarts pour les sourds à London.

Il affirme qu’on l’a forcé à porter des appareils auditifs et qu’on lui a fréquemment frappé les oreilles, qui sont devenues ensanglantées et douloureuses.

M. Welsh allègue également avoir été frappé sur les mains avec des magazines roulés et battu avec un bâton ou une ceinture par des enseignants qui souhaitaient le punir pour avoir utilisé le langage des signes plutôt que la parole pour communiquer avec d’autres élèves.

Il dit que des enseignants et conseillers ont souvent profité de ses problèmes auditifs pour arriver en douce derrière lui, l’attraper aux urinoirs et le heurter contre un mur ou agripper la chaise sur laquelle il était assis pour faire ses devoirs.

Plus tard, lorsqu’il a fréquenté l’école Robarts pour les sourds, les violences se sont poursuivies, selon la poursuite, qui indique que les enseignants et conseillers lui disaient souvent qu’il était «sourd et idiot».

«Des centaines, voire des milliers» d’élèves pourraient avoir été touchés, a souligné l’avocat de M. Welsh, Robert Gain.

M. Gain dit avoir discuté avec deux autres présumées victimes qui ont partagé des histoires semblables. Deux autres écoles, l’école Sir James Whitney pour les sourds à Belleville et le Centre Jules-Léger à Ottawa, ont aussi été nommées dans l’action collective.

L’avocat précise qu’il attend maintenant d’obtenir la permission de la cour pour aller de l’avant avec l’action collective, qui réclame des dommages de 325 millions $.

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