Ottawa révoque la citoyenneté de l’un des membres du groupe des «18 de Toronto»

TORONTO – Le gouvernement fédéral a dépouillé de sa citoyenneté canadienne un islamiste extrémiste à l’origine d’un complot visant à commettre des attentats dans le centre-ville de Toronto afin de terroriser la population et paralyser l’économie du pays.

Membre du groupe surnommé «Les 18 de Toronto», Zakaria Amara a été condamné à la prison à vie en 2010 avec aucune possibilité de libération conditionnelle avant 2016 après avoir reconnu son rôle dans le projet, qui avait notamment pour objectif de forcer le Canada à retirer ses troupes de l’Afghanistan.

À la suite d’un article publié par le journal «National Post» samedi rapportant que la citoyenneté de Zakaria Amara avait été révoquée, le ministre de la Défense, Jason Kenney, a écrit sur Twitter que cet homme détestait le Canada et qu’il avait lui-même renoncé à être citoyen du pays en complotant pour assassiner des centaines de Canadiens.

Samedi, M. Kenney a affirmé que c’était, à sa connaissance, la première fois qu’Ottawa retirait la citoyenneté à un individu reconnu coupable d’avoir commis des actes terroristes depuis que les conservateurs ont modifié la Loi sur la citoyenneté l’an dernier afin de pouvoir imposer une telle sanction aux Canadiens ayant une double nationalité.

«Si quelqu’un est reconnu coupable d’un manque flagrant de loyauté envers le Canada, dans ce cas pour avoir planifié d’assassiner des centaines voire des milliers de Canadiens pour des raisons idéologiques, il rejette par le fait même sa citoyenneté canadienne, a-t-il martelé en entrevue avec La Presse Canadienne. Par ses actions, par sa propre volonté de semer la violence, il renonce à sa citoyenneté canadienne.»

La police a contrecarré le complot en arrêtant Zakaria Amara et 17 autres personnes au courant de l’été 2006.

Dans un exposé conjoint des faits, le procureur de la Couronne Ione Jaffe avait expliqué devant la cour que le plan de Zakaria Amara consistait à louer des camions chez U-Haul, à les bourrer d’explosifs et à les faire exploser à distance dans la région de Toronto.

Le résidant de Mississauga, en Ontario, avait aussi admis que l’attaque, qui devait se dérouler sur une période de trois jours consécutifs afin de créer un maximum de panique, impliquait également des attentats à la bombe contre le quartier général de la Gendarmerie royale du Canada, des centrales nucléaires et le parlement à Ottawa.

Le tribunal avait également appris que le groupe songeait à s’en prendre aux tours Sears à Chicago de même qu’au siège des Nations unies à New York trois mois après la «bataille de Toronto».

Zakaria Amara, qui était marié et père d’un enfant à l’époque, avait prévu s’enfuir au Pakistan à la suite des attentats, puis se rendre en Afghanistan.

Il a aussi avoué avoir agi comme leader dans l’organisation d’un camp d’hiver au nord de Toronto en décembre 2005 où des «recrues» ont reçu une formation au combat de base et été endoctrinées au sujet de la cause djihadiste.

Zakaria Amara a plaidé coupable à deux accusations: s’être joint consciemment à un groupe terroriste et avoir eu l’intention de causer une explosion qui aurait pu tuer des gens ou endommager des propriétés pour le bénéfice d’un groupe terroriste.

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