Un Québec indépendant n’aurait pas de frontières, dit Pauline Marois

BÉCANCOUR, Qc – Un Québec indépendant n’empêcherait pas les biens et les personnes de circuler librement dans les provinces canadiennes, a déclaré mardi la chef péquiste Pauline Marois.

Mme Marois a évoqué le modèle de l’Union européenne pour expliquer que les citoyens québécois d’un État souverain n’auraient pas besoin de s’arrêter à la frontière avec le Canada.

«Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas nécessairement de citoyenneté et qu’il n’y a donc pas de passeport», a-t-elle déclaré.

Questionnée afin d’obtenir des précisions sur la manière dont elle souhaiterait obtenir pareille entente avec le reste du Canada, Mme Marois a refusé de répondre, pour une deuxième fois mardi.

La chef péquiste s’était pourtant elle-même avancée sur le sujet lors d’une étape précédente dans la circonscription de Mégantic, à Notre-Dame-des-Bois, où elle avait présenté des propositions pour stimuler le tourisme.

Lors d’un échange avec la presse, une journaliste a demandé à Mme Marois si un Québec indépendant serait plus attrayant sur le plan touristique.

«Ça ne changera pas nos paysages, ça c’est sûr, a-t-elle dit en riant. On pourra continuer à aller voir les Rocheuses du côté de l’Ouest du pays et aller à l’Île-du-Prince-Édouard et ils pourront continuer à venir chez-nous, il n’y aura pas de frontières et il n’y aura pas de péage.»

Mme Marois a ensuite reconnu qu’un Québec indépendant disposerait de plus de latitude et de liberté, mais elle avait alors une première fois refusé de préciser ses propos sur les frontières.

«Ah non, on n’est pas sur l’indépendance aujourd’hui, on est sur Lac-Mégantic», a-t-elle dit.

Par ailleurs, durant cette étape, le conseiller à l’image Yves Desgagnés a reconnu qu’un film qu’il a réalisé sur Pauline Marois a eu un impact positif pour la chef péquiste mais juge injustifiée une plainte dénonçant son caractère promotionnel.

M. Desgagnés a expliqué qu’il avait décidé d’abord et avant tout de faire le film parce que Mme Marois et lui ont failli être tués le soir de l’élection du 4 septembre 2012, lors de l’attentat du Métropolis. Il ne comprend pas la controverse suscitée par le documentaire tout en lui reconnaissant tout de même un impact.

«J’imagine qu’il n’a pas dû être si négatif parce que s’il avait été pourri, on n’aurait pas ce point de presse actuellement. C’est parce qu’il a dû faire une bonne job», a-t-il dit.

M. Desgagnés, qui accompagne la chef péquiste durant la campagne électorale, a cependant soutenu lors d’un échange avec des journalistes qu’il n’avait pas fait une «infopub» avec «La Première».

«Je voulais rappeler aux gens que dans notre société démocratique quelqu’un qui prend la parole n’a pas le droit de se faire menacer et de se faire tirer, a-t-il dit. C’est tout, c’était objectif.»

Une plainte au Directeur général des élections (DGE) a été déposée par la Coalition avenir Québec (CAQ), ce que M. Desgagnés juge injustifié.

«Je ne la comprends pas, je ne sais pourquoi on fait ça», a-t-il dit.

Selon le conseiller à l’image, le film, qu’il refuse de décrire comme un documentaire, a été rendu disponible sur le service de télévision à la demande Illico gratuitement avant la campagne électorale.

La CAQ a déposé lundi une plainte au DGE, considérant que l’accès gratuit au film devrait être comptabilisé comme une dépense électorale.

Illico est un service de l’entreprise de télécommunications Vidéotron, une filiale du conglomérat Québecor dont le candidat péquiste Pierre Karl Péladeau est l’actionnaire de contrôle.

De passage dans la circonscription de Mégantic, la chef péquiste a notamment promis d’améliorer le crédit d’impôt pour moderniser l’hébergement touristique, ce dont pourraient profiter 400 entreprises tout en soutenant des projets d’investissement d’une valeur de 240 millions $ d’ici les deux prochaines années.