Pauvreté, itinérance, logement: le FRAPRU veut plus de la part des partis

MONTRÉAL – Reconnu pour ses coups d’éclat, le FRAPRU entend bien se mêler de la campagne électorale fédérale pour interpeller les chefs des principaux partis. Et il veut entendre parler non seulement de logement, mais aussi de lutte contre la pauvreté et l’itinérance.

Au cours d’une entrevue, mardi, son coordonnateur, François Saillant, s’est dit déçu du peu de cas qui a été fait des questions de pauvreté, d’assurance-emploi, de paiements de transfert aux provinces, de lutte contre l’itinérance et de logement dans le cadre de la présente campagne.

«Ce sont des enjeux extrêmement importants. À l’heure actuelle, il y a quand même 1,5 million de ménages canadiens qui, selon les chiffres même du gouvernement fédéral, ont des besoins impérieux de logement, donc qui seraient admissibles théoriquement à un logement social subventionné. Et là, le gouvernement fédéral ne consacre que des miettes de 250 millions$ par année pour tout le Canada à l’aide aux provinces pour l’ensemble de leurs programmes d’habitation. Ça donne au Québec un maigre 58 millions $ pour tous ses programmes de logement», déplore le défenseur des mal-logés.

M. Saillant a bien entendu les propos du chef néo-démocrate Thomas Mulcair lorsqu’il a visité une coopérative d’habitation à Montréal, le 26 juin, avant le déclenchement de la campagne. M. Mulcair s’était alors engagé à rétablir les subventions versées aux coopératives dont les occupants risquaient de perdre leur subvention au mois d’octobre. Et ces gens, incapables de payer l’augmentation de loyer de 200 $ ou 400 $ qui s’ensuivrait, craignaient d’être forcés de déménager.

«Dans l’annonce que M. Mulcair a faite à cette occasion-là, il y a une partie qui nous semblait très satisfaisante, qui était le maintien des subventions aux logements sociaux existants, la protection du parc actuel de logements. Sur ce point-là, l’engagement était très clair de la part du NPD. Sur l’aide à de nouveaux logements, ça, c’était beaucoup moins clair», objecte aujourd’hui M. Saillant.

Il a aussi entendu les engagements du chef bloquiste Gilles Duceppe sur l’itinérance, il y a quelques jours. Mais il veut se concentrer sur les partis qui ont des chances de tenir les rênes du gouvernement fédéral — ce qui n’est pas le cas du Bloc.

Il leur demande donc plus de précisions et des engagements fermes durant la campagne électorale, afin de pouvoir leur demander des comptes après.

Ainsi, M. Saillant attend toujours de pouvoir rencontrer le chef libéral Justin Trudeau, qu’il n’a jamais réussi à rencontrer malgré maintes demandes en ce sens. Le FRAPRU est même allé jusqu’à occuper les bureaux de M. Trudeau pour tenter d’obtenir, en vain, une rencontre avec lui. Il en a été expulsé.

Fidèle à sa réputation, le FRAPRU ne restera pas les bras croisés durant la campagne électorale. Il prévoit entre autres une journée d’action dans plusieurs régions, le 24 septembre. De plus, cette semaine-là, il fera partie d’un mouvement plus large de groupes sociaux qui protesteront à l’unisson, dans l’ensemble du Canada. Le 24, les actions «vont viser le Parti conservateur, mais aussi les partis qui, à cette date-là, n’auront pas pris d’engagement satisfaisant dans le domaine de l’habitation».

«À coup sûr, il va y avoir plusieurs actions qui vont être menées. On essaie autant que possible — mais c’est très dur parce que les horaires (des chefs) sont annoncés à la toute dernière minute — de faire des actions tintamarres lors de la présence des chefs des partis dans les diverses régions où on est présent, mais jusqu’à date, ça s’avère difficile. Mais on a encore l’intention de le faire», prévient M. Saillant.