PKP évoque un partage d’actifs avec Ottawa dans un Québec indépendant

RIMOUSKI, Qc – Le chef péquiste Pierre Karl Péladeau a déclaré mardi qu’un Québec indépendant voudra récupérer des actifs fédéraux, dont des avions de chasse CF18, en plus de partager la dette canadienne.

M. Péladeau a également évoqué les succursales de Postes Canada, les navires de la Garde côtière et d’autres infrastructures comme des ponts actuellement sous juridiction fédérale.

Le chef péquiste a ainsi poursuivi sur un thème abordé lundi par le chef bloquiste Gilles Duceppe, avec qui il a récemment fait activement campagne en prévision de l’élection fédérale d’octobre.

Mardi matin, les députés péquistes ont amorcé à Rimouski un caucus qui leur permettra, jusqu’à mercredi, de préparer la rentrée parlementaire prévue à la mi-septembre.

Aucun changement n’est prévu dans les dossiers qui ont été confiés aux députés depuis la dernière élection.

Dans un échange avec les journalistes, avant d’aller retrouver ses députés dans un hôtel de Rimouski, M. Péladeau a affirmé que la question du partage des actifs avec Ottawa fera l’objet d’une analyse au moment opportun.

«Les Québécois ont contribué à toutes ces infrastructures fédérales et justement cela fera l’objet d’une analyse approfondie, comme n’importe quel pays», a-t-il dit.

Alors que l’Institut de recherche scientifique et appliquée sur l’indépendance, qui doit plancher sur le projet souverainiste, doit encore être créé par le PQ, M. Péladeau a affirmé, tout comme M. Duceppe, que le Québec devra avoir sa propre garde côtière.

«Tout comme il y a tout plein d’infrastructures également fédérales, qu’on pense aux F18, que nous pensions aux ouvrages fédéraux, comme les ponts, les aéroports, le quai ici de Rimouski, a-t-il dit. Donc, oui, ce sont des contributions qui ont été faites par les Québécois tout au long de la fédération et ce sont des centaines de milliards de dollars, alors ça nous appartient.»

M. Péladeau a affirmé que ce raisonnement de partage des actifs vaut également pour les passifs, comme la dette fédérale.

«Bien sûr, on aura au moment opportun le devoir et l’obligation de consacrer toutes les énergies et les efforts pour faire une analyse très détaillée en ce qui concerne la dette fédérale», a-t-il dit.

M. Péladeau a cependant précisé que «c’est surtout le Québec qui a assuré le financement de la fédération canadienne depuis les dernières décennies».

M. Péladeau, qui avait déjà évoqué la création d’une armée québécoise, a affirmé que toutes les questions reliées au projet d’indépendance trouveront d’ici la prochaine élection leur réponse grâce aux travaux de l’institut de recherche péquiste.

«Le Parti québécois va répondre à toutes les questions qui sont susceptibles d’être posées parce qu’elles doivent être posées et nous devons apporter une réponse qui est attendue de la part des compatriotes», a-t-il dit.

Le leader parlementaire péquiste Stéphane Bédard ne s’est pas avancé sur la question d’une garde côtière ou d’une armée québécoise.

«On est en campagne et moi ce dont j’ai l’impression, et j’en ai la conviction, c’est que ce n’est pas payant pour le Québec d’être dans le Canada», a-t-il dit.

M. Bédard a affirmé que le PQ ne court aucun risque à faire campagne avec le Bloc québécois, dont le caucus ne compte plus que deux députés après le balayage néo-démocrate de 2011 au Québec.

«On a tout intérêt à être côte à côte comme ils le font depuis le début, M. Péladeau et M. Duceppe, a-t-il dit. Ça montre une image d’unité.»

Par ailleurs, M. Péladeau a affirmé que les vacances estivales ont contribué à prolonger le délai de constitution de sa fiducie sans droit de regard dans laquelle il prévoit déposer son bloc de contrôle du conglomérat Québecor pour éviter les conflits d’intérêts.

«Nous sommes en plein été alors il y a des gens qui prennent des vacances et c’est tout à fait légitime et approprié, a-t-il dit. Nous avons bien avancé et je pense que nous allons être en mesure de faire des annonces sous peu.»

Après avoir rendu visite aux députés péquistes, en marge de sa tournée électorale, mardi, avant de reprendre la route, M. Duceppe s’est montré d’accord avec le point de vue de M. Péladeau sur le partage des actifs avec le gouvernement fédéral.

«Ce qui nous appartient, ça fait partie du partage de ce qui existe», a-t-il dit.

M. Duceppe a toutefois semblé fixer une limite au partage, en évoquant les actifs de Radio-Canada, une société d’État fédérale.

«C’est bien sûr qu’on ne peut pas partir du troisième étage de Radio-Canada à Vancouver», a-t-il dit.

Par ailleurs, les péquistes ont annoncé leur intention d’exiger qu’une commission parlementaire réponde à une pétition opposée à un projet de transport de pétrole par train à travers le Québec, jusqu’au Nouveau-Brunswick.

Selon la députée Martine Ouellet, les risques environnementaux de ce projet sont encore plus élevés que ceux de l’oléoduc Énergie Est.

«La Colombie-Britannique, les États-Unis ont refusé d’assumer ces risques avec les projets d’oléoducs, a-t-elle dit. Pourquoi est-ce que le Québec serait le dindon de la farce canadienne, qui lui accepterait tous les risques pour des projets qui sont de la simple exportation, qui découle de la volonté de l’Alberta d’augmenter l’extraction des sables bitumineux?»

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