Pompiers de Montréal: le chef syndical Ronald Martin est suspendu pour six mois

MONTRÉAL – Le président de l’Association des pompiers de Montréal, Ronald Martin, a été suspendu sans solde pour une durée de six mois en lien avec la manifestation qui avait tourné au saccage lors de la séance du conseil municipal de Montréal le 18 août dernier.

M. Martin avait été convoqué mardi matin au quartier général du service des incendies, où on lui a appris la nouvelle.

Il affirme que la direction ne lui reproche aucun geste particulier mais lui impute plutôt, à titre de leader syndical, la responsabilité des débordements.

«C’est la première fois qu’un président de syndicat, dans son action syndicale, est suspendu. Parce que je suis officier au service (…) ils me rendent responsable pour tout», a-t-il déclaré à la sortie de sa rencontre avec la direction.

Des pompiers s’étaient rendus manifester devant le quartier général en appui à leur président mardi matin et des véhicules de police s’y trouvaient également depuis le lever du jour afin de prévenir des débordements.

M. Martin a reproché à l’administration municipale d’agir en dehors des règles et normes de pratique en matière de relations de travail pour des raisons politiques.

«Parfois, quand tu exerces le pouvoir, il faut que tu t’élèves au-dessus de la mêlée et j’ai l’impression présentement qu’il y a du monde au pouvoir qui ne sont pas capables de l’exercer.»

Il a cependant promis de demeurer en poste: «Mon action syndicale va continuer et plus que jamais. Je suis de plus en plus déterminé.»

Selon lui, la ville ne réussit pour le moment qu’à renforcer la solidarité de ses membres en imposant des sanctions alors que le dossier est toujours devant les tribunaux et que la présomption d’innocence devrait primer sur l’empressement à poser des gestes disciplinaires.

Le 2 octobre dernier, le président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Pierre Desrochers, a annoncé le congédiement de six pompiers et l’imposition de sanctions allant d’une semaine à six mois de suspension sans solde à 57 autres employés, soit quatre cols blancs, sept cols bleus et 46 pompiers.

M. Martin ferait partie des personnes visées par les mesures annoncées par la Ville dans la foulée du saccage de l’Hôtel de Ville de Montréal survenu le 18 août dernier.

Il a déjà annoncé que ces mesures feront l’objet de dépôt de griefs. Il a noté que le syndicat payait lui-même ses frais de défense alors que la ville devrait utiliser l’argent des contribuables pour défendre ses gestes.

«C’est un ‘show de boucane’, sauf que ce sont les contribuables qui vont payer cette facture juridique en bout de ligne (…) Mais est-ce qu’ils ont demandé aux citoyens de faire ce ‘show de boucane’ et de payer ce que ça va coûter?», a lancé le syndicaliste.

Son vis-à-vis chez les cols bleus de la Ville de Montréal, Michel Parent, qui se trouvait à ses côtés à la suite de l’annonce de la suspension, n’a pas hésité à dénoncer le geste.

Selon lui, une telle attaque contre le mouvement syndical ne saurait rester sans réponse et il a précisé qu’aucun moyen de pression n’est écarté pour l’instant.

«C’est une attaque majeure et on va réagir en conséquence, a-t-il soutenu. Il y a une rencontre de prévue cette semaine de l’ensemble des structures syndicales et c’est là que les décisions vont se prendre.»

Les différents syndicats membres de la Coalition pour la libre négociation doivent se réunir ce mercredi.