Pour la 1ère fois en neuf ans, le Bloc québécois tient un congrès national

RIMOUSKI, Qc – Le congrès national du Bloc québécois s’est ouvert vendredi à Rimouski: les militants vont y définir le rôle que leur parti doit jouer pour reprendre sa place sur la scène fédérale, et vont aussi tester lequel des deux aspirants chef a plus la tête de l’emploi.

Quelque 500 délégués assistent à l’événement, qui sera aussi l’occasion d’adopter les nouvelles orientations et politiques du parti. Il s’agit du premier congrès national du Bloc en neuf ans, le dernier remontant à 2005.

Au cours des derniers mois, 75 congrès de circonscriptions et une douzaine de congrès régionaux se sont déroulés afin de jeter les bases des discussions qui auront lieu ce week-end.

Le renouveau est nécessaire, le Bloc québécois ne comptant plus que quatre députés aux Communes. Son contingent a significativement diminué aux élections fédérales de 2011, alors que même le chef Gilles Duceppe a perdu son siège. Avant le scrutin, le parti comptait 47 députés et avait même été auparavant l’opposition officielle à Ottawa.

Malgré cela, et les contrecoups de la récente défaite du Parti québécois, les militants bloquistes soutiennent que la formation politique souverainiste est toujours pertinente, voire nécessaire, mais que la vision du parti doit être redéfinie.

Cette fin de semaine donnera également la chance aux deux candidats à la direction, le député bloquiste André Bellavance et le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Mario Beaulieu, de courtiser l’appui des militants. Daniel Paillé tenait auparavant les rênes du parti, mais il a démissionné en décembre en raison d’une maladie.

Les deux candidats ont offert une allocution ce vendredi soir, un avant-goût du débat qui les opposera samedi. Chacun des deux candidats a aussi présenté une courte vidéo dans laquelle on pouvait entendre les commentaires flatteurs de leurs partisans.

M. Bellavance a notamment été décrit comme un rassembleur et «un homme de parole». Quant à M. Beaulieu, plusieurs partisans ayant participé à la vidéo sont de la Société Saint-Jean-Baptiste: ils ont notamment fait valoir qu’il fait confiance aux jeunes et qu’il est en «mesure de redonner vie au parti».

Les deux candidats dans la course ont des visions différentes. Député de Richmond-Arthabaska, M. Bellavance veut élargir la coalition des militants et rassembler tous ceux qui veulent «l’avancement du Québec». Il ne veut pas limiter l’implication du Bloc aux dossiers strictement fédéraux, soutenant s’être fait dire par les militants «de se coller aux réalités vécues dans les circonscriptions».

Le candidat, très à l’aise sur la scène, a fait valoir son expérience: militant et travaillant pour le Bloc depuis 1993, il est député depuis 10 ans, ce qui lui confère à la fois une bonne connaissance des partisans comme du Parlement, dit-il.

«Je crois en la mission de souveraineté du Québec», a-t-il lancé à la foule, rappelant que selon lui, «le Canada est contre la nation québécoise» et contre ses valeurs, «comme Kyoto et le droit de mourir dans la dignité».

Quant à M. Beaulieu, son discours était truffé d’appels à la souveraineté.

«Je veux un mandat clair pour ramener l’indépendance à l’avant-plan», a-t-il dit, sans équivoque.

Selon lui, le parti évitait de parler d’indépendance «pour avoir plus de votes». Mais cette tactique a affaibli le Bloc québécois, juge-t-il.

«Plus on s’écrase, plus nos adversaires nous traitent de radicaux».

Si les deux candidats ont eu leur lot d’applaudissements, ceux pour Mario Beaulieu ont été plus vigoureux, ses partisans scandant même «Mario, Mario» à la clôture de son discours. Les deux hommes ont évité toute attaque l’un envers l’autre.

Le nouveau leader aura plusieurs défis à relever, notamment assurer une visibilité au Bloc dans les débats à la Chambre des communes avec seulement quatre députés et le recrutement des candidats pour un parti qui a été largement délaissé par les citoyens lors de la dernière élection fédérale.

Le résultat du vote mené par appels téléphoniques sera annoncé le 14 juin.

Le prochain chef dirigera la formation souverainiste jusqu’aux prochaines élections fédérales, qui doivent normalement se tenir à l’automne 2015.

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