Pourparlers dans le secteur public:les offres gouvernementales froidement reçues

MONTRÉAL – De toute évidence, les offres formulées par le gouvernement Couillard dans le cadre des négociations du secteur public en font rager plusieurs.

Elles ont, d’ailleurs, été bruyamment décriées, dimanche, lors d’une manifestation tenue à Montréal, à deux pas de l’endroit où les membres du Parti libéral du Québec (PLQ)étaient réunis en congrès.

Le rassemblement avait été orchestré par le Front commun, une coalition qui réunit une poignée d’organisations syndicalescomptant globalement plus de 400 000 membres.

Le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, Daniel Boyer, qui peinait à se faire entendre vu le brouhaha, s’est dit déçu de la teneur des propositions gouvernementales.

Il n’a, d’ailleurs, pas hésité une seconde à les qualifier de «totalement inacceptables».

Du même souffle, il a déploré que les idées émanant des rangs syndicaux ne soient pas réellement prises en considération.

M. Boyer a martelé qu’elles visent à «diminuer la sous-traitance, la précarité d’emploi, le fardeau administratif mais que le gouvernement fait [tout de même]la sourde oreille».

Il a ajouté qu’une pareille attitude ne contribuerait certainement pas à faire taire la grogne.

«On va être mobilisé jusqu’à temps qu’on obtienne un règlement satisfaisant», a-t-il indiqué.

Sans grande surprise, la porte-parole du Secrétariat intersyndical des services publics, Louise Chabot, a abondé dans le même sens que lui.

«Ça va monter d’un cran si la négociation de bonne foi ne s’engage pas. Dès l’automne, on va aller à la recherche de mandats de grève et on les exercera si ça devient nécessaire», a-t-elle menacé.

Mme Chabot a enchaîné en décochant deux flèchesvisant directement les troupes du premier ministre Philippe Couillard.

«Ce gouvernement-là, il n’entend pas le cri du coeur des travailleurs et travailleuses dans les services publics. C’est gênant de sa part de vouloir [les] appauvrir», a-t-elle affirmé.

La vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux, Francine Lévesque, a poursuivi en laissant entendre que l’ensemble des citoyens, y compris les partisans du PLQ, auraient pourtant tout avantage à soutenir les revendications de son camp et ce, le plus rapidement possible.

«Elles visent, dans le fond, à assurer une plus grande équité, des meilleures conditions de travail et des services de qualité», a-t-elle résumé.

Daniel Boyer a repris la balle au bond en mentionnant que les choses ont assez traîné et que les pourparlers doivent absolument commencer à se dérouler à un rythme plus soutenu.

«Que ce soit dans la santé, dans l’éducation ou dans la fonction publique, on a passé six mois sur des échanges de grands principes. On vient de recevoir des offres concrètes de la part du gouvernement mais on n’a, au moment où on se parle,pas de réponse aux propositions qu’on a déposées en octobre dernier donc, on veut que ça bouge un peu», a-t-il souligné.