Procès de Mike Duffy: les frais de maquillage de Stephen Harper abordés

OTTAWA – Les coûts associés au maquillage de Stephen Harper pour une activité publique remontant à 2010 auraient été payés par une entreprise étroitement liée à plusieurs des accusations portées contre Mike Duffy.

Le premier ministre et le sénateur suspendu ont été maquillés ensemble en prévision d’un événement du G8 et du G10 tenu sur la colline du Parlement, et les frais de 300 $ ont été couverts par Maple Ridge Media, une société créée par Gerald Donohue, un proche de M. Duffy.

Selon la Couronne, cet ami aurait reçu 65 000 $ en deniers publics pour aider l’ex-journaliste à contourner les règles sénatoriales.

La semaine dernière, une source gouvernementale a confié à La Presse Canadienne que les services de maquillage reçus par M. Harper à cette occasion n’avaient pas été payés par les contribuables.

Or, la maquilleuse Jacqueline Lambert a démenti cette version des faits, jeudi, alors qu’elle témoignait dans le cadre du procès de Mike Duffy à Ottawa.

Par ailleurs, une ancienne stagiaire au bureau de M. Duffy, qui travaille désormais pour le premier ministre, a raconté jeudi avoir reçu un chèque de 500 $ provenant également de Maple Ridge Media.

Ashley Cain a expliqué qu’un contact l’avait aidée, en 2010, à se tailler une place dans l’entourage de Mike Duffy. Elle a spécifié que durant son stage, elle passait quelques heures par semaine à aider à ouvrir le courrier et à classer des cartes professionnelles.

Mme Cain a affirmé qu’elle avait accepté de réaliser ces tâches en présumant qu’elle ne serait pas payée pour les accomplir.

Cependant, à peu près à mi-chemin de son stage, M. Duffy lui aurait indiqué qu’il trouverait un moyen de la rémunérer pour son bon travail. Elle aurait ensuite reçu un chèque de 500 $ de l’entreprise dirigée par M. Donohue.

Ashley Cain a affirmé qu’elle ne connaissait pas l’entreprise ni Gerald Donohue, mais qu’elle avait déduit qu’il s’agissait de la somme promise par Mike Duffy.

Ce dernier fait face à 31 chefs d’accusation de fraude, d’abus de confiance et de corruption. La Couronne soutient qu’il se serait servi de l’entreprise de son ami afin de contourner les règles encadrant les dépenses sénatoriales.

Mme Cain a également dit qu’elle n’avait jamais rempli de formulaire d’embauche et qu’elle ne s’était pas non plus soumise à un contrôle de sécurité, des démarches généralement requises au Sénat.

Ashley Cain a été la troisième personne à témoigner pour la Couronne depuis le début du procès de M. Duffy, la semaine dernière.

Contrairement aux deux autres témoins, qui sont demeurés à la barre pendant des jours, Mme Cain a été questionnée pendant moins d’une heure.

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