Procès pour terrorisme: plaidoirie finale de l’avocat de l’adolescent

MONTREAL – L’avocat de l’adolescent montréalais qui fait face à des accusations liées au terrorisme a déclaré que la Couronne n’avait pas clairement démontré que le jeune entretenait des liens avec le groupe armé État islamique ou qu’il avait agi en son nom.

Me Thiago Murias a expliqué que, même si la preuve présentée était inquiétante, rien ne prouvait que son client ait été sur le point de se joindre à l’organisation terroriste.

Le garçon de 16 ans, qui ne peut être identifié puisqu’il est mineur, a plaidé coupable pour un vol à main armée commis dans un dépanneur en octobre 2014. La Couronne a laissé entendre que l’accusé avait commis ce vol pour le compte de l’État islamique et que l’argent volé devait servir à financer son voyage vers la Syrie.

Deux accusations ont été déposées contre l’adolescent: avoir commis un vol pour le bénéfice d’une organisation terroriste et avoir planifié quitter le Canada pour participer aux activités d’un groupe terroriste à l’étranger.

L’accusé n’a pas témoigné durant le procès, mais Me Murias a fait valoir durant sa plaidoirie finale que la preuve ne permettait pas d’assimiler ses actions à des actes terroristes.

L’avocat de la défense a affirmé que la seule chose que la preuve sous-entendait, c’était que le garçon avait l’intention d’aller se battre contre le régime du président syrien Bachar el-Assad, sans toutefois préciser à laquelle des nombreuses factions présentes sur le terrain il souhaitait s’allier.

«En tant que musulman, il avait la conviction qu’il devait aider ses frères syriens, a soutenu Me Murias. La preuve ne démontre pas qu’il voulait commettre un acte terroriste en Syrie.»

Il a continué en disant que la preuve n’avait pas non plus montré que le vol à main armé était autre chose qu’un acte criminel banal comme il s’en commet par centaines chaque année.

«Est-ce vraiment à ce genre de personne que les législateurs veulent imposer des peines aussi lourdes?, a-t-il demandé à la juge de la Chambre de la jeunesse Dominique Wilhelmy. Il est important que mon client ne devienne pas une victime collatérale de la lutte au terrorisme.»

L’avocat a reconnu que beaucoup de documents de propagande — la plupart provenant d’Al-Qaïda — avaient été retrouvés dans l’ordinateur de l’adolescent, mais que les enquêteurs n’avaient repérer aucun contact direct entre le garçon et l’État islamique.

Me Thiago Murias a aussi avancé que son client pourrait être vu comme un enfant soldat et donc bénéficier de l’immunité judiciaire en vertu du droit international.

Les plaidoiries finales dans cette affaire se poursuivront jeudi après-midi et mardi prochain.

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