Promesses faites aux Autochtones: le NPD talonnera les libéraux, dit Mulcair

GATINEAU, Qc – Les néo-démocrates talonneront les libéraux pour s’assurer du respect des promesses ambitieuses faites aux Autochtones, puisqu’on «ne peut compter» sur l’opposition officielle pour le faire, a affirmé jeudi leur chef Thomas Mulcair.

«J’ai espoir que l’époque des promesses creuses est révolue. Le Canada doit faire mieux, et je crois sincèrement que ce gouvernement fera mieux», a-t-il dit devant les chefs de l’Assemblée des Premières Nations (APN) réunis en assemblée extraordinaire à Gatineau.

Il n’est toutefois pas question de faire un chèque en blanc aux libéraux, a prévenu M. Mulcair, faisant valoir que des gouvernements avant celui-ci ont rompu les promesses qu’ils avaient faites aux Premières Nations, Inuits et Métis.

Devant la même assemblée, mardi, le premier ministre Justin Trudeau assurait qu’il avait pleinement l’intention de respecter les engagements formulés en campagne électorale, plaidant qu’aucune relation n’est plus importante à ses yeux que celle avec les Autochtones.

Les chantiers sont ambitieux. De la mise en oeuvre de l’enquête sur les femmes autochtones disparues ou assassinées à la revue complète de la législation «imposée unilatéralement aux peuples autochtones» en passant par l’implantation des 94 recommandations de la Commission de vérité et de réconciliation, le gouvernement libéral aura du pain sur la planche.

C’est pour cette raison que le Nouveau Parti démocratique (NPD) veillera au grain. «Par exemple, il y a cette promesse libérale d’investir 2,6 milliards $ dans le système d’éducation. Nous ne permettrons pas que cette promesse soit oubliée», a insisté M. Mulcair.

Le chef de la deuxième opposition à Ottawa croit que seul son parti a la crédibilité pour assumer le rôle de chien de garde. Selon lui, on ne peut compter sur l’opposition officielle conservatrice — la leader Rona Ambrose a décliné l’invitation de prendre la parole devant l’APN — pour le faire.

Car les affaires autochtones, «ça n’a jamais été une priorité pour les conservateurs», a tranché M. Mulcair en point de presse après son discours.

«En fait, on a vécu une décennie de noirceur. (…) Il y a une chose que M. (Stephen) Harper a fait juste, c’était de présenter des excuses pour les écoles résidentielles, et je l’ai toujours félicité», a-t-il enchaîné.

L’allocution du chef du NPD a été moins courue que celle de Justin Trudeau, qui avait été accueilli en véritable héros, mardi. Elle a cependant été saluée par le chef de l’APN, Perry Bellegarde, qui a dit voir en Thomas Mulcair un véritable allié.

Le chef Bellegarde s’est réjoui que les Canadiens aient élu le 19 octobre dernier un nombre record de dix députés autochtones à la Chambre des communes. Deux de ces élus, Romeo Saganash et la nouvelle venue Georgina Jolibois, font partie du caucus néo-démocrate.

«Nous avons toujours dit que nous avions besoin de plus en plus d’Autochtones à la table des décisions (…) et nous voyons cela en train de se produire, alors c’est positif», a dit M. Bellegarde avant d’offrir en cadeau à son invité un tambour autochtone.