Que lisait Guy Turcotte un mois après avoir tué ses enfants?

Pourquoi les habitudes de lecture de Turcotte ont ressurgi lors du témoignage d’une psychiatre chargée d’évaluer l’état d’esprit de l’accusé.

Photo: Graham Hughes/La Presse Canadienne
Photo: Graham Hughes/La Presse Canadienne

Pour ébranler la Dre Dominique Bourget, qui témoigne à titre d’experte de la défense dans le procès de Guy Turcotte, le procureur de la Couronne, Me René Verret, n’hésite pas à remettre en question la façon dont elle a réalisé l’expertise auprès de l’accusé, qui a poignardé ses deux enfants à mort en février 2009. Le témoignage de la psychiatre est d’une grande importance, puisque Guy Turcotte plaide la non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux.

À plusieurs reprises depuis le début du contre-interrogatoire, Me Verret tenté de lui faire dire qu’elle ne s’était basée que sur le récit de Guy Turcotte pour comprendre les événements. Il a suggéré qu’elle prenait ce que l’accusé disait pour du «cash», sans chercher à contre-vérifier sa version des faits auprès d’autres sources.

Vendredi, Me Verret a souligné que dans son rapport d’expertise, la psychiatre affirme qu’au cours du mois suivant le drame, Guy Turcotte lisait pour éviter de penser. «Comme il n’était pas capable de concentration, déclare-t-elle, il ne pouvait lire que des romans jeunesse.»

Or, les notes du psychiatre qui suivait l’accusé à ce moment (il était alors détenu à l’Institut Philippe-Pinel), déposées en preuve plus tôt cette semaine, rapportent qu’il ne semblait alors n’avoir aucun problème de concentration et qu’il lisait sur l’art précolombien, l’histoire chinoise et les pays de l’Est.

«N’est-ce pas un exemple où vous auriez dû faire preuve de prudence? Où vous n’auriez pas dû prendre pour acquis ce que vous a dit M. Turcotte? Vous êtes ici pour éclairer la cour, bien que vous soyez mandatée par la défense», a dit Me Verret.

La Dre Dominique Bourget s’est défendue en disant qu’elle était là pour donner son opinion professionnelle en tant que médecin. La mention des romans jeunesse se trouvait dans une section du rapport qui résumait les propos tenus par l’accusé lors de la rencontre qu’elle avait eue avec lui en juillet dernier, a-t-elle expliqué.

Me Verret lui a aussi demandé si elle avait rencontré des témoins pour réaliser son expertise, outre M. Turcotte. «Non, ce n’est pas dans la norme», a-t-elle répondu.

«Pourquoi ne pas avoir rencontré Isabelle Gaston [la mère des enfants tués]?» a poursuivi le procureur de la Couronne. «Pour la même raison, ce n’est pas dans la norme. D’autant plus que c’était un contexte de séparation. Ce n’était pas approprié. J’avais accès au témoignage [qu’Isabelle Gaston avait fait à la police]», a-t-elle précisé.

«Vous vous êtes donc limitée à la version de votre client?» a insisté Me Verret. «Client?» a répliqué la Dre Bourget. «Patient?» a tenté Me Verret. «Non plus, a dit la psychiatre. Je n’étais pas son médecin traitant.» Elle a plutôt suggéré les termes «accusé» ou «expertisé» pour décrire son lien avec Guy Turcotte.

La Dre Bourget a fait valoir qu’elle n’avait pas basé son expertise uniquement sur le témoignage de ce dernier, mais sur l’ensemble de la preuve que lui avait fournie les avocats de Turcotte, qui comprend notamment les déclarations à la police, les rapports toxicologiques et les notes des médecins traitants. «Ce n’est pas mon rôle de faire l’enquête et la chasse aux renseignements», a-t-elle fait valoir.

Le rapport d’expertise de la Dre Bourget comporte 29 pages et a été rédigé en février 2011, soit avant le premier procès de Turcotte, au cours duquel elle avait aussi agi à titre d’experte. Elle a rédigé un «rapport d’expertise complémentaire» de six pages en date du 24 octobre 2015 pour fournir une mise à jour sur l’état clinique de l’accusé.

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6 commentaires
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Pour ma part depuis le début je lis sur la tuerie de G.T. et il est coupable et mérite la prison à vie ou la chaise électrique par les couilles. Je ne crois pas qu’il est ou a été malade psychologiquement. Cette version est seulement pour atténuer sa sentence en prison. Je crois pour l’avoir vécu que l’on peux tuer sur les moments de colère. Il connaissait les couteaux il était chirurgien. S’il n’acceptait pas de vivre pourquoi n’a pas t-il pensé à se tuer plutôt que de tuer des enfants innocent. Tue toi toi même plutôt que de tuer l’autre, c’est ce que notre religion ns dicte.
Je demanderais aux Hell’s de s’en occuper, eux ils font la justice et on ne dépense pas l’argent des contribuables pour ce procès qui à mon avis est trop long. S’il était dans un autre pays cela ferait longtemps qu’on l’aurait exécuter. Le Canada est trop généreux avec nos tueurs, ils ont la vie facile.

Les faits sont ce qu’ils sont , mais c’est agaçant de lire « La Dre » et « La docteure » … Si on veut tout feminiser les noms masculins, il serait tout de même bon d’utiliser ceux existant déjà sans en inventer d’autres , Docteresse par exemple…!!! (à qui on dit , Bonjour Docteur quand on arrive dansson cabinet , et non pas , Bonjour Docteure , ou Bonjour Docteresse…)

Il a de l’argent et donc il paye tout le monde pour lui éviter la prison à vie.Ce procès est une mascarade judiciaire et du jamais vu. Tant de temps et d’argent jetés par les fenêtres pour un certain richissime cardiologue.Bordel,il a tué ses propres enfants!Vous attendez quoi pour l’enfermer à vie ou lui souhaiter un bon voyage vers l’au-delà. Si c’était un simple citoyen sans argent ou modeste,son procès aurait été scellé depuis longtemps par ces soi-disant juges.Justice à deux vitesses dans un pays capitaliste quoi de plus normal?Je suis outrée,qu’on parle encore de ce type.

Cette psychiatre est responsable en grande partie du premier acquitement de Turcotte. Les jurés l’ont cru en pensant que son témoignage de psychiatre était fiable. Or, on le voit bien, elle n’a retenu que les faits qui pouvaient favoriser Turcotte en taisant tout ce qui pourrait lui nuire, quitte à induire la cour en erreur. C’est le public québécois qui a flairé l’erreur judiciare et a forcé la cour a refaire ses devoirs. Une heure bien triste pour la justice au Québec et qui révèle les failles du système judiciaire québécois

Le travail de Me. Verret est remarquable: démolir la crédibilité d’un témoin expert en pointant directement les jurés aux incohérences d’un rapport biaisé. Bravo Me. Verret, vous faites honneur à votre profession et à la justice.

Qu’il ai été en dépression soit….tous ceux qui vivent une séparation en vivent une …d’intensité variable mais en vivent une…mais je pense qu’à en venir à tuer ses enfants….C’est soit de la vengence et là il mérite la prison à vie….ou la démence et là il mérite l’enfermement spychiatrique pour le reste de ses jours…..je ne comprends pas comment en toute impunité on peut laisser quelq’un de si dangeureux dehors…..car si c’était la »dépression » qui sait quand il en fera une autre? et qui cela touchera à ce moment?….. et en plus, j’en reviens très difficilement qu’une spychiatre qui n’est pas son medecin soignant…puisse baser son expertise sur ce que lui a dit Turcotte….c’est lui même un medecin…un il savait très probablement à quel moment il devait ingérer son lave-glace pour ne pas risquer d’en mourrir…il savait très bien quels sont les propos à tenir pour feindre ce qu’il voulait…il lui à même mentit consernant ses lectures (qui est comme par hasard un des symptôme clé de la défense…bizarre, bizarre)….ça pu la manipulation….. dans tous les cas…il a tué deux victimes innocentes avec une barbarie sauvage et inhumaine…. il mérite plus de faire parti de la société…qu’on l’enferme et qu’on perde la clé