Québec envisage la tutelle pour mettre au pas la Commission scolaire de Montréal

QUÉBEC – Le gouvernement Couillard envisage la tutelle pour mettre au pas la Commission scolaire de Montréal (CSDM), la plus importante du Québec.

Les libéraux ne digèrent pas le refus de la CSDM d’appliquer des compressions de 9 millions $ sans réduire les services aux élèves. Le ministre de l’Éducation, François Blais, n’a pas apprécié non plus la lettre de la CSDM envoyée aux parents, qui évoque les pires scénarios de réduction de services, du transport scolaire aux services alimentaires.

À l’origine de cette confrontation, il y a un rapport de la firme Raymond Chabot Grant Thornton commandé par le gouvernement, qui est très critique sur la gestion à la CSDM. Ce rapport estime qu’il est possible de réduire les dépenses de 9 millions $, sur un budget de 1 milliard $, sans pour autant affecter les services à la clientèle scolaire. Or la commission scolaire n’est pas d’accord. Elle prévoit plutôt que les services aux écoliers seront affectés et elle a prévenu les parents des conséquences éventuelles des compressions.

En point de presse mercredi matin, à la sortie de la séance du caucus libéral, M. Blais n’y est pas allé de main morte pour qualifier la riposte de la commission scolaire. Selon lui, cette lettre est «tellement forte et tellement éloignée de ce que recommande le rapport».

Quand des journalistes lui ont demandé s’il envisageait la tutelle, il a déclaré: «oui, tout à fait». Il a toutefois ajouté qu’il ne l’annonçait pas mercredi matin, qu’il fallait faire des vérifications, sur des enjeux juridiques notamment.

M. Blais a précisé que la commission scolaire doit moderniser sa gestion et doit mettre fin à la «trop grande mainmise du politique sur l’administration», comme il l’a indiqué en Chambre à la période de questions.

L’opposition officielle a pris la défense de la CSDM et s’est élevée contre les compressions imposées par le gouvernement. À la période de questions, la porte-parole péquiste en matière d’éducation, Nicole Léger, a soutenu que 221 professionnels perdront leur emploi, en se basant sur les données du rapport.

En commission parlementaire sur l’étude des crédits du ministère de l’Éducation, François Blais s’est montré insensible aux arguments de l’opposition. «Je ne comprends pas pourquoi ma collègue (Nicole Léger) s’époumone à défendre la CSDM, alors qu’un rapport indépendant montre bien le chemin à suivre pour revenir à l’équilibre budgétaire dans les meilleurs délais», a-t-il dit.

«Je ne m’époumone pas à défendre la CSDM, je défends les enfants en situation particulière, les enfants en difficultés, l’aide aux enseignants», a répliqué Nicole Léger.

La CSDM a réagi en fin d’après-midi mercredi. Dans un communiqué pour faire suite à une séance du conseil des commissaires, la présidente de la commission scolaire, Catherine Harel Bourdon, a affirmé que «nous n’avons pas d’autres choix que de répondre à la demande du ministre en sachant qu’il ne nous sera pas possible d’épargner certains services aux élèves».

Elle a dit qu’elle entendait «prendre en compte les recommandations du rapport de vérification». Elle demandera notamment à la direction générale un plan de retour à l’équilibre budgétaire pour 2016-2017.

Mme Harel Bourdon a aussi demandé un rapport sur l’état d’avancement des changements entrepris à la CSDM, pour faire le lien avec les orientations et recommandations amenées par un autre rapport de la firme Price Waterhouse Cooper.

Laisser un commentaire