Référendum: PKP fait un cadeau inespéré aux libéraux, croit Couillard

QUÉBEC – Philippe Couillard croit qu’avec Pierre Karl Péladeau comme chef, le Parti québécois s’acheminera vers une élection référendaire.

Le premier ministre a estimé jeudi qu’en dévoilant cette semaine des éléments de son plan pour la souveraineté, M. Péladeau a fait un cadeau inespéré.

Dans sa plate-forme sur la souveraineté, M. Péladeau a écrit que, s’il est élu chef, il souhaite obtenir aux prochaines élections le mandat de faire l’indépendance du Québec.

Avant une réunion de ses députés, M. Couillard a affirmé qu’il n’en attendait pas tant du PQ, après la dernière campagne où les libéraux ont affirmé que les péquistes souhaitaient être réélus pour faire un référendum sur la souveraineté.

Selon M. Couillard, les aspirants à la direction du PQ, dont M. Péladeau, se livrent à une surenchère de radicalisme dans leur démarche vers la souveraineté.

Lors d’un échange avec la presse parlementaire, le premier ministre a affirmé que M. Péladeau vient de préciser l’enjeu de la prochaine élection de 2018.

«C’est un concours entre les candidats pour savoir lequel est le plus radical pour la séparation du Québec, a-t-il dit. La question c’est: référendum, souveraineté, séparation, ça va être ça. Là, ils vont dire: ‘non, non, non, non. Ce ne sera pas ça, ça va être autre chose.’ Non, non. C’est ça la question déjà pour 2018. Alors formidable!»

M. Couillard a estimé que le programme esquissé par M. Péladeau, dans un document présenté jeudi, ouvre la porte à une élection référendaire.

«Je n’en espérais pas tant, a-t-il dit. Le Parti québécois nous met ça sur le plat.»

En fin de semaine, lors d’un conseil national du PQ, M. Péladeau a affirmé qu’il ne favorise pas l’option d’une élection référendaire, mais plutôt une élection suivie d’un référendum.

Selon le candidat et député, la population doit être consultée lors d’un scrutin distinct de l’élection générale.

Dans sa plate-forme, M. Péladeau écrit qu’aux prochaines élections, il «souhaite obtenir le mandat de réaliser concrètement l’indépendance du Québec».

Jeudi, M. Péladeau, qui a prononcé un discours sur le sujet devant des étudiants universitaires mercredi, n’a cependant pas écarté l’éventualité d’une élection référendaire lorsqu’il a été questionné par les journalistes.

«J’ai dit (mercredi) à l’Université Laval que nous allons être prêts en 2018 lors des élections pour prendre la décision», a-t-il dit.

La stratégie de M. Péladeau prévoit une période de promotion active de la souveraineté d’ici au scrutin de 2018. Samedi dernier, M. Péladeau a affirmé qu’il décidera avant la prochaine élection si le PQ peut ou non s’engager à tenir un référendum dans un premier mandat.

Le flou des péquistes, lors de la dernière campagne électorale, a été identifié à plusieurs occasions dans leurs rangs comme une raison de la défaite d’avril dernier.

Le candidat et député péquiste Bernard Drainville, qui attendrait lui aussi jusqu’en 2018 pour décider si un gouvernement péquiste pourrait faire un référendum dans le premier mandat, a affirmé qu’une élection référendaire est impossible pour faire la souveraineté du Québec.

«Il n’y aura pas de raccourci vers l’indépendance, a-t-il dit. L’indépendance va se faire avec un vote majoritaire des Québécois, il n’y a pas d’autre façon d’y arriver.»

Les cinq candidats à la succession de Pauline Marois ont tous rejeté, en fin de semaine, le recours à une élection référendaire pour enclencher le projet de souveraineté.

Selon M. Drainville, d’ici le choix du prochain chef péquiste, en mai, Philippe Couillard tentera certainement de profiter de la course pour embêter le PQ avec la question du référendum.

«M. Couillard a bénéficié d’une certaine façon de notre ambiguïté, a-t-il dit. Mais il ne bénéficiera pas de notre ambiguïté la prochaine fois, en tout cas pas si c’est moi qui est chef. Il n’aura pas de cadeau, on va savoir à quoi s’en tenir et les Québécois vont savoir à quoi s’en tenir.»

Alors que M. Péladeau a expliqué mercredi qu’il prendra encore du temps avant de finaliser sa stratégie d’accession à l’indépendance, M. Drainville l’a invité à préciser ce qu’il fera si un référendum est impossible dans un premier mandat.

«Tous les candidats, pas juste Pierre Karl, doivent nous dire: ‘si on ne peut pas faire de référendum dans un premier mandat, vous faites quoi’, a-t-il dit. Moi c’est clair, on gouverne et on répond aux questions et on prépare le Québec, peut-être par une commission à la Bélanger-Campeau par exemple, qui met justement sur la table les chiffres, regarde les relations entre le Québec et le reste du Canada, les bénéfices de la souveraineté.»

Par ailleurs, M. Drainville a dévoilé, jeudi, des engagements dont l’objectif est d’assurer aux citoyens des moyens pour faire entendre leur voix auprès des élus.

Le candidat et député propose notamment, s’il est élu chef puis premier ministre, de forcer les députés à se saisir de tout mandat qui recueillerait 100 000 signatures dans une pétition, peu importe le sujet.

«Il faut que dans la pétition il y ait le mandat, a-t-il dit. C’est une pétition qui force le Parlement et le gouvernement à consulter la population sur un enjeu.»

Les députés devraient également avoir l’obligation d’organiser une fois par an des assemblées citoyennes dans leur circonscription, où ils répondraient aux questions des citoyens.

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