Réfugiés syriens: le gouvernement fédéral a atteint la moitié de son objectif

OTTAWA – Les organismes d’accueil de réfugiés syriens sont confrontés à des réalités qui les forcent à s’adapter — et à demander du temps pour reprendre leur souffle, dans certains cas.

Ils ont été notamment pris de court par la taille des familles syriennes qui arrivent en sol canadien et par un nombre plus élevé que prévu de réfugiés ne parlant ni anglais ni français.

Alors qu’Ottawa a atteint la moitié de son objectif d’accueil de 25 000 réfugiés provenant de la Syrie, certaines villes ont demandé au fédéral de ralentir la cadence, car leur capacité à fournir des services et des logements est poussée à son extrême limite.

À Ottawa, Halifax, Vancouver et Toronto, les réfugiés resteront donc quelques jours de plus à l’hôtel avant d’être pris en charge et relocalisés, afin de permettre à ces villes de sortir la tête de l’eau.

Carl Nicholson, du Centre catholique pour immigrants, responsable de l’accueil de première ligne à Ottawa des réfugiés parrainés par le gouvernement, a expliqué en point de presse, jeudi, avoir eu quelques surprises, forçant un ralentissement des arrivées.

La taille des familles accueillies dans la capitale fédérale étant d’environ 5,5 membres en moyenne, son organisme doit trouver de plus grands logements que ce qu’il avait d’abord anticipé.

«Cela signifie que nous avons des familles de sept ou huit personnes, alors que le bassin de maisons dans notre communauté n’est pas très bon pour ces grandeurs-là», a-t-il noté.

Des 420 réfugiés parrainés par le gouvernement arrivés dans la capitale fédérale, plus de la moitié ont moins de 14 ans, a-t-il par ailleurs indiqué. Tous ces enfants — la plupart n’étant pas encore été inscrits à l’école — doivent être occupés. On organise donc des jeux, des sorties au musée, on déniche des iPads, ce qui mobilise des ressources.

Enfin, moins de réfugiés parlent anglais ou français que ce qu’il avait d’abord anticipé. Il doit donc trouver plus d’intervenants parlant arabe.

Pour George Chouchani, qui coordonne une quarantaine d’interprètes bénévoles aidant des réfugiés provenant de parrainages privés, le problème n’est pas qu’il manque de personnes arabophones pouvant aider à Ottawa.

«Le problème, c’est la logistique. Il y a beaucoup d’entre eux qui travaillent durant la journée, qui sont étudiants», a-t-il souligné en entrevue. Or, toute la paperasserie nécessaire quand on s’établit dans un nouveau pays se remplit en journée, durant la semaine.

Turquie

Au cours d’une séance d’information technique, jeudi, des fonctionnaires du gouvernement ont par ailleurs affirmé que le premier avion en partance de Turquie, l’un des trois pays avec lesquels le Canada collabore dans ce dossier, avait atterri au pays mercredi.

On s’attend à ce que le Liban et la Jordanie demeurent les principaux pays d’où partent les réfugiés s’installant au Canada, mais deux ou trois autres vols de la Turquie pourraient être effectués d’ici la fin de février.

Alors qu’un à deux avions atterrissent à chaque jour, les fonctionnaires disent avoir bon espoir d’atteindre l’objectif de 25 000 d’ici la fin février. La cible initiale formulée en campagne électorale de 25 000 réfugiés avant la fin de décembre 2015 a été repoussée en cours de route.

Il semble par ailleurs que la composition de ces groupes diffère de ce qui avait été d’abord annoncé.

Alors que le fédéral s’attendait à ce que 10 000 réfugiés soient parrainés par le privé, il estime maintenant que ce sera plus probablement 8000, faisant en sorte que davantage seront parrainés par le gouvernement. On ignore si les coûts associés aux changements dans les types de parrainages se refléteront dans les sommes dépensées par Ottawa dans le dossier.