Rendement de 5,9 pour cent pour la CDPQ pour les six premiers mois de 2015

MONTRÉAL – La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) pourrait avoir davantage de pain sur la planche pour faire croître ses avoirs au cours des prochaines années, a laissé entendre son président et chef de la direction, Michael Sabia, vendredi, évoquant une «croissance économique lente» à l’échelle mondiale.

Pour les six premiers mois de l’année, l’institution a enregistré un rendement de 5,9 pour cent, ce qui dépasse de 0,7 point de pourcentage son indice de référence, ce que le dirigeant de l’institution a qualifié de «bon départ».

En conférence téléphonique avec les journalistes, cela ne l’a toutefois pas empêché de se questionner sur les perspectives économiques à long terme.

«Après six ans d’expansion, pendant combien de temps encore les marchés vont-ils continuer de monter?, s’est demandé M. Sabia. Nous n’avons pas de boule de cristal, mais nous pouvons nous demander si les prochaines années vont ressembler à celles que nous venons de connaître.»

Le rendement de la CDPQ pour les six premiers mois de 2015 s’est par ailleurs avéré inférieur à celui de 6,7 pour cent enregistré lors de la même période l’année dernière.

Selon M. Sabia, les banques centrales à l’échelle mondiale n’ont «plus beaucoup de munitions» pour stimuler la croissance, les ménages et gouvernements sont endettés et il n’y a plus de «locomotive» pour «tirer» l’économie mondiale, comme la Chine l’a fait au cours de la dernière décennie.

«Cela signifie pour la Caisse de travailler plus fort», a-t-il observé.

Le grand patron du gestionnaire de fonds provenant principalement de régimes de retraite et d’assurances publics et privés n’a pas voulu se prononcer sur la deuxième moitié de l’année ainsi que les prochaines années.

«Ce n’est pas notre affaire d’essayer de faire des prévisions sur la question du niveau de rendement», a répondu M. Sabia, lorsque que des questions lui ont été posées sur les rendements à venir pour la Caisse.

Pendant le semestre, le portefeuille d’action a dégagé un rendement de 7,8 pour cent (8,3 milliards $). La performance du secteur des placements sensibles à l’inflation — qui regroupe les immeubles ainsi que les infrastructures — a été de 4,6 pour cent (1,6 milliard $), alors que celle des revenus fixes s’est chiffrée à 2,7 pour cent (2,1 milliards $).

Le rendement semestriel de chaque catégorie d’actif a surpassé son indice de référence.

Dans le contexte de volatilité, la direction de la CDPQ a vanté sa stratégie de diversification, notamment dans les infrastructures, en rappelant entre autres l’acquisition d’une participation minoritaire dans le réseau ferroviaire à grande vitesse Eurostar, ainsi que par des investissements du Québec, comme le Cirque du Soleil.

En date du 30 juin, l’actif net de la Caisse s’établissait à 240,8 milliards $, en hausse de 6,6 pour cent par rapport au 31 décembre 2014. Cette progression est attribuable aux revenus de placement (13,1 milliards $) ainsi qu’à des dépôts nets des déposants (1,8 milliard $).

Sur quatre ans, l’institution dit avoir produit un rendement annualisé de 10,2 pour cent, ce qui porte les résultats de placements nets à 75 milliards $.

À la défense de Bombardier

Appelé à commenter les turbulences traversées par Bombardier (TSX:BBD.B) depuis maintenant quelques années, M. Sabia s’est porté à la défense de l’avionneur québécois, en rappelant que son nouveau président et chef de la direction, Alain Bellemare, n’était en poste que depuis six mois.

«Il faut faire un redressement, mais ça ne se fait pas en une nuit, a dit le dirigeant de la Caisse. Croyez-moi, parce que j’ai fait pas mal de redressements. Les marchés sont toujours pressés. Actuellement, ils font preuve d’impatience, mais il faut donner la chance à M. Bellemare de faire les choses.»

En date du 31 décembre dernier, la participation de la CDPQ dans l’avionneur s’élevait à 271 millions $.

M. Sabia, qui concède que Bombardier traverse une période difficile, a tenu à rappeler que M. Bellemare avait entre autres remanié la haute direction du géant du transport.

En plus de préparer une entrée en Bourse d’une partie de la division ferroviaire de l’entreprise, M. Bellemare a aussi mis de l’avant une réorganisation dans la division aéronautique, ce qui s’est notamment traduit, le 14 mai dernier, par le licenciement de près de 1750 personnes, dont 1000 à Montréal.

Depuis le début de l’année, le titre du géant du transport a plongé d’environ 68 pour cent à la Bourse de Toronto.