Réserve sans eau potable: Winnipeg a une responsabilité morale, selon certains

WINNIPEG – Une conseillère municipale de Winnipeg soutient que la Ville a la responsabilité morale de contribuer à la construction d’une route pour une réserve amérindienne qui est isolée en raison de travaux effectués il y a près d’un siècle pour construire un réseau d’aqueduc pour la capitale manitobaine.

Vendredi dernier, plus de la moitié des conseillers municipaux se sont rendus dans la communauté de Shoal Lake 40 pour effectuer une visite de la réserve, qui fait l’objet d’un avis d’ébullition de l’eau depuis 17 ans.

La réserve amérindienne, qui est située à la frontière de l’Ontario et du Manitoba, a été coupée du monde lorsqu’un canal artificiel a été créé pour alimenter la ville de Winnipeg en eau potable. Le village est alors devenu une île.

La conseillère Jenny Gerbasi a raconté que la visite avait été très émotive et a déclaré que la ville avait la responsabilité morale de rectifier la situation.

Elle a ajouté que contribuer à la construction d’une route praticable toute l’année serait un geste de réconciliation.

Le chef Erwin Redsky a déclaré que son peuple voyait finalement la lumière au bout du tunnel après des années de lutte pour faire reconnaître ses droits fondamentaux.

«Cette lumière devient plus claire tous les jours, a-t-il dit mardi. Nous entrevoyons un nouveau départ.»

La Ville de Winnipeg, la province du Manitoba et le prochain gouvernement libéral ont tous déclaré être en accord pour séparer les coûts de construction de cette route. Sans cette voie praticable été comme hiver, la construction d’une usine d’épuration des eaux est hors de prix pour la réserve.

En été, les résidants de la réserve peuvent prendre un traversier vétuste, qui n’a pas passé l’inspection gouvernementale cette année, et l’hiver, ils peuvent se risquer sur une dangereuse route de glace qui a causé plusieurs accidents funestes au fil des ans.

Les ambulances et les employés du réseau de la santé ne peuvent accéder à la communauté. Les enfants doivent quitter la réserve après le primaire pour poursuivre leurs études.

Plus tôt ce mois-ci, la Première Nation de Shoal Lake 40 a annoncé qu’elle se rendrait à Genève au mois de février pour défendre sa cause devant un comité onusien des droits économiques, sociaux et culturels.