Révision des programmes: Lucienne Robillard nommée à la barre de la commission

QUÉBEC – Québec confie à l’ancienne ministre libérale Lucienne Robillard la tâche de passer au crible les programmes gouvernementaux.

Le mandat accordé à la présidente de la nouvelle «Commission de révision permanente des programmes» est très clair: séparer minutieusement l’essentiel de l’accessoire et dégager des économies de 3,2 milliards $ pour l’an prochain.

«C’est un défi audacieux mais bien réaliste, je pense», a dit Mme Robillard, mercredi, aux côtés du président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, en conférence de presse.

Les travaux de la commission guideront la réflexion du gouvernement sur l’opportunité d’éliminer certains programmes ou d’en réduire la portée. Tous les programmes seront sujets à examen, a prévenu M. Coiteux.

«On ne fait pas un exercice comme celui-là avec un a priori qu’il existe quelque chose comme une vache sacrée. Ça ne peut pas exister dans un exercice comme celui-là. (…) Ça ne veut pas dire qu’on va passer la hache, ce n’est pas de ça dont il s’agit. C’est un exercice de repositionnement responsable pour être capable d’avoir les ressources pour financer adéquatement les programmes prioritaires», a-t-il déclaré.

Pour mener à bien la vaste entreprise de révision, l’ancienne ministre fédérale et provinciale pourra compter sur les économistes Claude Montmarquette et Robert Gagné, de même que sur deux ex-administratrices d’État, Michèle Bourget et Mireille Fillion.

La commande est considérable tant l’État ratisse large. Le ministre Coiteux ne veut même pas s’avancer sur le nombre total de programmes gouvernementaux en vigueur au Québec.

«Je ne m’aventurerai pas. Vous ne pouvez pas vous imaginer le nombre de programmes qui existent au sein de l’État québécois dans les différents ministères. Il y a même des chevauchements, il y a plusieurs ministères qui subventionnent exactement les mêmes organismes. On va faire l’inventaire complet et on va expliquer tout cela, on va être très transparent», a-t-il promis.

Fruit d’un engagement électoral, la commission de révision permanente fera l’inventaire des programmes et des organismes, examinera leur pertinence, leur efficacité, leur gouvernance et leur mode de financement. Elle devra en outre s’assurer que les programmes répondent à un «besoin prioritaire des citoyens et relèvent de la mission de l’État». La commission aura également à déterminer si le mode de financement des programmes respecte «la capacité réelle de payer des citoyens».

Une première série de recommandations est prévue pour le mois d’octobre prochain.

Le premier ministre Philippe Couillard avait promis il y a quelques semaines la tenue d’un «dialogue social» avant de sabrer dans les programmes. À cet effet, des rencontres seront tenues avec les grandes associations patronales et syndicales «au début de la démarche» de la commission. En ce qui concerne le grand public, il pourra faire part de ses suggestions via une «boîte à idées», un «microsite» dont les détails restent à annoncer.

En acceptant de présider la commission, Mme Robillard a jugé que ses 18 années de politique active tant à Québec qu’à Ottawa seraient «utiles» à l’effort entrepris par le gouvernement Couillard pour assainir les finances publiques.

Mais ce qui l’a convaincue de reprendre du collier est sa préoccupation pour les «générations futures».

«Pourquoi revenir dans le domaine de la gestion gouvernementale? La réponse est simple: je le fais vraiment pour les générations futures. Je veux faire un autre tour de piste pour léguer autre chose que l’état actuel aux jeunes familles et à notre relève», a dit celle qui a occupé bon nombre de ministères à Québec dont ceux de l’Éducation et de la Santé. À Ottawa, elle a notamment présidé le Conseil du trésor.

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On connais d’avance le résultat, une gagne toute du même bord. Plusieurs programmes destinés aux pauvres vont disparaître. Aucune crédibilité !

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