Richard Bain demandera d’être remis en liberté provisoire avant son procès

MONTRÉAL – Richard Henry Bain subira son enquête sur remise en liberté provisoire à compter du 29 juillet prochain.

Le juge Guy Cournoyer a prévu deux jours et demi pour cette procédure et, du coup, a fixé au 12 septembre la conférence préparatoire pour le procès de Richard Bain, qui doit se tenir à compter du 19 janvier 2015.

Richard Henry Bain est notamment accusé de meurtre prémédité et de tentative de meurtre à la suite de l’attentat survenu au Métropolis le soir du 4 septembre 2012, alors que la première ministre élue Pauline Marois célébrait la victoire électorale du Parti québécois devant des centaines de militants.

Un technicien de scène, Denis Blanchette, a été tué, et son collègue David Courage a été grièvement blessé.

Richard Bain fait également face à plusieurs chefs d’accusation relativement à la possession d’armes à feu et d’autres en lien avec l’incendie qui a éclaté derrière la salle de spectacle montréalaise ce soir-là.

«Il veut sortir», a indiqué l’avocat de Richard Bain, Me Marcel Guérin, pour expliquer la requête sur remise en liberté. «Il a le droit de présenter une requête. Sera-t-elle accordée ou non? Ça dépend du juge», a précisé le juriste.

Me Guérin a indiqué qu’il comptait faire entendre des témoins lors de l’enquête sur remise en liberté, dont Richard Bain lui-même, une présence incontournable pour ce genre de procédure, soulignant que la barre pour sa remise en liberté était tout de même assez haute.

«À la Cour supérieure, dans un dossier de meurtre, le fardeau de preuve (que l’accusé peut être remis en liberté provisoire) repose sur les épaules de la défense, contrairement à la Cour du Québec dans d’autres dossiers, où la Couronne a le fardeau. (…) Et c’est pour ça qu’on a besoin de témoins», a dit l’avocat.

Fidèle à lui-même, Bain a tenu à s’adresser au juge, vendredi, pour se plaindre de ses conditions de détention, reprochant cette fois aux autorités carcérales d’ouvrir son courrier, notamment des envois qu’il a faits au juge Cournoyer lui-même.

Le magistrat lui a expliqué, d’une part, qu’il ne faisait que transmettre ce courrier à la Couronne et à la défense, et lui a suggéré de passer par son avocat plutôt que de lui envoyer du courrier directement.

Il a aussi expliqué qu’il n’avait pas le pouvoir d’intervenir sur les agissements des autorités carcérales, sauf dans certains cas spécifiques, et que, s’il était insatisfait à cet égard, il devait demander à ses avocats de s’adresser à la Cour en bonne et due forme.

Me Guérin a cependant clairement indiqué qu’il n’avait aucune intention d’agir de la sorte, tout en reconnaissant que les envois de son client au juge n’étaient guère appropriés.

«Complètement inhabituel, et d’ailleurs le juge l’a dit: si vous voulez communiquer (avec moi), passez par votre avocat. Je le lui ai déjà dit mais je n’ai pas l’autorité d’un juge. J’espère que ce matin, il a compris», a déclaré Me Guérin.

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