Investissements routiers: la part du lion va à l’entretien des structures

MONTRÉAL – Il n’y a rien de bien excitant à annoncer des travaux de réfection, mais la sécurité des usagers passe en premier, a fait valoir le ministre des Transports Robert Poëti en dévoilant lundi les grandes lignes de son plan pour le réseau routier québécois entre 2014 et 2016.

Québec réservera plus des trois quarts de ses investissements routiers au maintien des structures existantes au cours des deux prochaines années. Des quelque 4,9 milliards $ injectés, un peu plus de 4 milliards $ seront consacrés à la conservation et l’amélioration des structures.

En raison de la situation financière actuelle, le gouvernement n’a d’autre choix que de «rénover sa maison» plutôt que «d’en acheter une nouvelle», ce qui est bien évidemment «moins excitant», a illustré le ministre Poëti en conférence de presse à Montréal.

Le député de Marguerite-Bourgeoys ne veut pas avoir à gérer d’effondrements de viaducs, de poutres de béton, de paralumes et autres catastrophes du genre. Mieux vaut donc prévenir que guérir, a-t-il plaidé.

«On ne peut pas se cacher que les structures ont besoin d’être entretenues, a-t-il affirmé. Peut-être que malheureusement, ça ne s’est pas fait suffisamment au cours des dernières années, mais on a l’intention de les maintenir en bon état.»

Au total, plus de 36 000 travailleurs oeuvreront sur les quelque 2000 chantiers répartis sur l’ensemble du territoire, selon les projections du ministère des Transports.

Les automobilistes sont ainsi invités à faire preuve de patience et de prudence aux abords des chantiers. Une campagne publicitaire a d’ailleurs été lancée lundi pour rappeler aux usagers de la route l’importance de réduire leur vitesse et de demeurer vigilant à ces endroits.

«Chaque année, le nombre d’infractions et de constats émis à proximité des chantiers est beaucoup trop élevé. En 2013 seulement, 938 personnes ont été victimes d’accidents dans une zone de chantier. Cinq sont décédées», a déploré le ministre Poëti.

La région de Montréal, où se trouvent environ 26 pour cent des infrastructures routières de la province, recevra une enveloppe de plus de 1,4 milliard $. La quasi-totalité de cette somme — soit environ 1,3 milliard $ — ira à la conservation et l’amélioration des structures existantes.

Ces sommes serviront notamment au réaménagement de l’échangeur Dorval, à la réfection de l’échangeur Saint-Pierre, au parachèvement du réaménagement de la partie nord de l’échangeur Décarie ainsi qu’aux travaux de réfection des tunnels Ville-Marie et Viger.

Les cônes oranges seront nombreux sur les routes du Québec. Dès cet été, le mot d’ordre est donc le suivant: patience.

«On n’a pas le choix», a tout simplement résumé M. Poëti.

Le gouvernement s’engage à rendre public le maximum de renseignements sur l’avancement des travaux routiers et l’état de la circulation automobile, mais de leur côté, les usagers ont la responsabilité de consulter ces informations avant de prendre la route, a-t-il signalé.

«Pendant l’été, la saison où l’on peut travailler sur nos routes, c’est sûr que c’est plus difficile. Mais vous savez quoi? Allez au 511, allez sur le site du ministère des Transports, écoutez Radio Circulation 730», a lancé le ministre à l’intention des automobilistes.

De façon générale, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain a bien accueilli les annonces d’investissements, mais s’inquiète de «l’absence de toute allusion» au recouvrement de l’autoroute Ville-Marie.

«Il s’agit d’un projet prioritaire qui doit être finalisé pour 2017 afin d’en faire un legs associé au 375e anniversaire de la Ville de Montréal. Nous invitons le gouvernement à préciser rapidement d’où proviendra l’enveloppe budgétaire dédiée à ce projet», a affirmé le président et chef de la direction du regroupement, Michel Leblanc.

Une infime partie de l’enveloppe réservée à Montréal entre 2014 et 2016 — environ 85 000 $ — ira au développement du réseau routier. Le gouvernement n’a pas beaucoup de nouveaux projets dans ses cartons, a reconnu Robert Poëti.

Ce dernier n’écarte cependant pas l’idée de développer à l’avenir des projets routiers en partenariat public privé (PPP), comme dans le cas du pont de l’autoroute 25. La traverse reliant les îles de Montréal et Laval avait été inaugurée en mai 2011 en présence du premier ministre de l’époque, Jean Charest.

«Ça peut être une possibilité. Je ne suis pas fermé à ça, moi, les partenariats public privé, mais il faut avoir l’argent, a indiqué M. Poëti. Décider de construire un nouvel échangeur ou une partie de nouvelle route, ce serait vraiment ‘le fun’, plus ‘jazzé’ peut-être, mais avant, il faut que je m’assure que ceux qui sont là soient en bon état.»