Secteur public: bien des votes favorables, malgré les critiques

MONTRÉAL – Bien que les critiques de l’entente de principe conclue avant Noël entre Québec et le front commun se fassent nombreuses dans les médias sociaux, plusieurs syndicats semblent jusqu’ici entériner cette entente.

Un gros point d’interrogation demeure, toutefois, quant à la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN, dont une instance a déjà recommandé de rejeter l’entente de principe.

Officiellement, les syndicats ne donnent pas le résultat des votes de leurs assemblées générales avant d’avoir obtenu un portrait d’ensemble. Les résultats finaux devraient être connus au début de février, voire à la mi-février.

Toutefois, un bref coup de sonde réalisé par La Presse Canadienne auprès de diverses sources syndicales laisse croire que malgré des critiques parfois virulentes dans les médias sociaux — parfois entre syndicats — l’entente reçoit l’aval de nombreux syndicats.

Par exemple, avec des résultats partiels seulement, à la Fédération nationale des enseignants de la CSN, 31 syndicats ont voté en faveur de l’entente de principe et quatre contre, indique-t-on sur la page Facebook de la fédération.

À la Fédération des employés des services publics de la CSN, les dernières statistiques du 22 janvier faisaient état de 18 syndicats en faveur de l’entente et deux contre.

Du côté de la FTQ également, une source indique que l’entente semble plutôt bien passer, tant chez les employés professionnels et de bureau que dans la santé et les services sociaux.

À la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE) a fait connaître officiellement le résultat du vote de ses membres, samedi dernier: seulement deux des 35 syndicats ont rejeté l’entente, approuvée à 73 pour cent.

La présidente de la FSE, Josée Scalabrini, avait convenu qu’il ne s’agissait pas d’une entente historique et qu’elle croyait que c’était «le maximum dans les circonstances» que les syndicats pouvaient obtenir.

Et même à la Fédération interprofessionnelle de la santé, la FIQ, qui ne fait pas partie du front commun, les échos sont favorables.

Il reste une grande inconnue: la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS) de la CSN, qui représente 110 000 salariés, et dont une instance a recommandé à ses membres de rejeter l’entente de principe.

Au cours d’une entrevue en fin de journée mardi, le président de la FSSS, Jeff Begley, n’a pas voulu donner de chiffres, même partiels, concernant le résultat des votes dans ses syndicats affiliés. Des chiffres obtenus par La Presse Canadienne laissent voir une certaine division du vote, loin d’une position catégorique. «Il est trop tôt pour dégager une tendance», a répliqué M. Begley.

Il a toutefois concédé que ses membres, à qui il recommande de rejeter l’entente de principe, voyaient bien la tendance qui semble se dégager dans les autres syndicats, même ceux de la CSN.

«Ils voient les tendances des autres. Mais moi, j’espère que le monde va répondre favorablement en disant ‘oui, on est prêt à livrer une bataille importante’. Mais je vais comprendre que ce n’est pas une décision facile» pour eux, a-t-il admis.

L’entente de principe conclue à la mi-décembre entre le gouvernement du Québec et le front commun intersyndical prévoit le versement d’un montant forfaitaire de 500 $ équivalant à environ 1 pour cent en 2015, puis une augmentation de 1,5 pour cent en 2016, de 1,75 pour cent en 2017 et de 2 pour cent en 2018.

Pour la dernière année de la convention collective, en 2019, Québec doit verser un autre montant forfaitaire d’environ 250 $, soit environ 0,5 pour cent, auquel il faut ajouter les paiements de relativité salariale qui représenteront environ 2,4 pour cent _ mais qui ne s’appliqueront pas également à tous.

De même, l’âge de la retraite doit passer de 60 à 61 ans, mais en 2019.

Plusieurs détracteurs de l’entente se sont exprimés dans les médias sociaux, estimant que les syndicats n’avaient pas réalisé suffisamment de gains. Des membres d’un syndicat dans la santé critiquaient un autre syndicat dans la santé, par exemple. Des reproches similaires ont été adressés dans le milieu de l’enseignement.