Secteur public: la FAE se retire de la table de négo sectorielle

MONTRÉAL – La Fédération autonome de l’enseignement, qui représente le tiers des enseignants du primaire et du secondaire, se retire de la table de négociation sectorielle au moins jusqu’à lundi prochain, estimant qu’il n’y a guère de progrès.

À cette date, l’organisation syndicale indépendante va consulter les représentants de ses syndicats pour la suite des choses.

La FAE dispose déjà d’un mandat pour une troisième journée de grève — elle a déjà débrayé durant deux jours. Et rien n’est exclu, a prévenu mardi son président, Sylvain Mallette, au cours d’une rencontre avec la presse à Montréal.

«Nous, on dit au gouvernement ‘on pose un geste fort, on est prêt à négocier, mais ce n’est pas vrai qu’on va négocier la petite misère pour notre monde; ça, il n’en est pas question’», a tonné M. Mallette.

Fait à noter, la FAE ne se retire pas de la table commune, qui traite des questions comme les salaires. Elle se retire des tables sectorielles, celles où sont discutées les clauses propres à chaque secteur, comme la tâche des enseignants.

M. Mallette estime en être arrivé là à cause du peu de progrès aux tables de négociation. Il affirme que les concessions faites par le gouvernement à ce jour se résument à avoir renoncé à ses demandes de recul, ce qui ramène les syndiqués au statu quo. Et les enseignants qu’il représente, dit-il, ne veulent pas de statu quo, ils veulent améliorer leurs conditions de travail et le sort des élèves.

En fait, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a laissé entendre que les modifications devraient se faire à coût nul, puisque l’enveloppe budgétaire globale du gouvernement n’a pas augmenté.

«On ne peut pas nous demander de renégocier un contrat de travail en nous disant ‘j’arrive les poches vides’. Le gouvernement ne peut pas nous dire ‘on va déshabiller un prof pour en habiller un autre’ ou ‘on va faire en sorte que ce soit juste un peu plus difficile pour certains élèves pour que ce soit moins difficile pour d’autres élèves’», a protesté M. Mallette.

La FAE représente quelque 34 000 enseignants du primaire et du secondaire dans 800 établissements. Parmi ses syndicats, on retrouve la puissante Alliance des professeurs de Montréal.

Les deux tiers des enseignants du primaire et secondaire sont toutefois syndiqués à la Centrale des syndicats du Québec qui, elle, fait partie du front commun.

Le front commun dispose d’un mandat de grève tournante. Après une première séquence de journées de grève, ce mandat doit être de nouveau déployé à compter de la semaine prochaine, cette fois à raison de deux journées par région. Le front commun prévoit ensuite une grève générale les 1er, 2 et 3 décembre.

À Québec, M. Coiteux a répété mardi que le gouvernement allait déposer «bientôt» de nouvelles offres aux syndiqués et il a dit espérer que celles-ci allaient permettre de réaliser des progrès importants aux tables de négociation.

«Je pense qu’ils (les syndicats) attendent de voir ce qui va se passer prochainement. J’ai dit qu’on est à la croisée des chemins. J’ai dit que les prochaines semaines allaient être déterminantes, alors vous voyez que ça dicte une certaine cadence. Nous on a bon espoir qu’en actualisant nos offres, on va pouvoir accélérer la cadence des négociations pour pouvoir régler les choses d’ici les prochaines semaines», a dit le président du Conseil du trésor.

«Le plus que je peux dire à ce stade-ci, c’est qu’on n’a pas devant nous des mois, on a devant nous des semaines. Et à partir du moment où a va déposer des offres qui tiennent compte de tout le travail qui a été fait, que j’estime constructif, aux tables de négociation, une fois qu’on va déposer des offres actualisées, ça va accélérer la cadence», a-t-il ajouté.

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