La croissance de l’économie canadienne a surpassé les attentes en octobre

OTTAWA – L’économie canadienne a enregistré en octobre un quatrième mois consécutif de croissance mensuelle, progressant de 0,3 pour cent grâce aux gains significatifs du secteur de la fabrication et des industries productrices de services.

Ce résultat s’est avéré supérieur aux attentes des spécialistes, qui misaient sur une avancée de 0,2 pour cent pour octobre, comparativement à la croissance de 0,3 pour cent du mois de septembre.

L’économiste Francis Fong, de la Banque TD, a calculé que ce début de performance pour le quatrième trimestre se traduisait par un taux annualisé de 2,7 pour cent, une performance supérieure aux plus récentes prévisions de la Banque du Canada qui serait la plus vigoureuse depuis mai 2012.

La banque centrale a prédit en octobre que l’économie canadienne afficherait une croissance annualisée de 2,0 pour cent au quatrième trimestre, ce qui entraînerait une progression de 1,6 pour cent pour l’ensemble de 2013.

«Pour la Banque du Canada, une surprise positive pour la croissance du quatrième trimestre serait un cadeau de Noël bienvenu, mais il serait peu probable que cela les force à modifier leur politique monétaire», a écrit M. Fong dans une note.

«Avec l’absence de pressions inflationnistes, nous voyons peu de raisons pour la banque (d’intervenir) avant 2015.»

Selon Statistique Canada, la production des industries de biens a avancé de 0,4 pour cent en octobre. Plusieurs secteurs sont restés essentiellement stables ou ont affiché de légères baisses, mais la production des fabricants a fortement grimpé.

Cette dernière a avancé de 1,3 pour cent en octobre, après avoir gagné 1,2 pour cent en septembre. La production de biens non durables, comme celle des produits chimiques, des aliments, des boissons et des produits du tabac, a progressé de 2,3 pour cent, tandis que celle des biens durables a avancé de 0,5 pour cent.

La production des industries des services a gagné 0,3 pour cent, alors que tous les principaux secteurs industriels ont fait preuve de croissance. Le commerce de gros a avancé de 1,4 pour cent, tandis que celui du détail s’est apprécié de 0,3 pour cent — le déclin du côté des biens de grande valeur ayant limité la croissance des autres groupes.

«Des hausses appréciables ont été observées dans les magasins d’alimentation, dans les magasins d’appareils électroniques et ménagers ainsi que dans les magasins de produits de santé et de soins personnels», a expliqué Statistique Canada.

«En revanche, les activités ont diminué chez les concessionnaires de véhicules et de pièces automobiles et, dans une moindre mesure, dans les magasins de meubles et d’accessoires de maison.»

Selon l’économiste Sal Guatieri, de la Banque de Montréal, l’économie semble avoir emprunté en octobre le chemin d’une croissance plus rapide que celle anticipée par la banque centrale. Sa prévision de croissance annualisée était de 2,6 pour cent pour octobre.

«Le redressement du secteur manufacturier, après deux ans de léthargie, permet de croire que les exportations ont progressé en réponse à la perte de vigueur du dollar canadien et à la plus forte demande en provenance des États-Unis», a écrit M. Guatieri.

«L’industrie automobile a affiché des gains mensuels consécutifs de plus de deux pour cent. Les industries productrices de services ont aussi montré une vigueur étendue, alors que le commerce de gros a bondi de 1,4 pour cent.»

M. Guatieri a en outre noté que la construction, qui n’avait pas beaucoup bougé ces trois derniers mois en raison de la stabilisation de l’activité de construction, avait été un secteur de faiblesse.

Par ailleurs, l’indice de confiance des consommateurs du Conference Board du Canada a reculé en décembre pour un troisième mois consécutif, cette fois de 6,6 points à 80,5 points.

«Les détaillants vont probablement trouver que les résultats de l’enquête de ce mois-ci sont décourageants, particulièrement parce qu’ils touchent à la période cruciale du magasinage des Fêtes et que les sentiments pessimistes sont clairement en hausse», a expliqué le groupe de recherche d’Ottawa.

«Les consommateurs ont estimé que leurs finances étaient en moins bon état qu’il y a six mois, ils étaient moins positifs vis-à-vis de la création d’emplois, et une majorité d’entre eux jugeait que le moment n’était pas bon pour réaliser un achat d’importance.»