T.-N.-L. utilise toujours un herbicide jugé «probablement cancérogène» par l’OMS

SAINT-JEAN, T.-N.-L. – Les deux partis de l’opposition à l’Assemblée législative de Terre-Neuve-et-Labrador demandent au gouvernement pour quelle raison il pratique toujours l’épandage aérien d’un herbicide qui pourrait comporter des risques pour la santé humaine.

Santé Canada réexamine actuellement l’emploi du glyphosate, un herbicide que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a inclus en mars dans sa liste des produits «probablement cancérogènes» pour l’humain.

Des porte-parole au gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador ont confirmé que cet herbicide avait été pulvérisé cette semaine sur 350 hectares de forêt dans le nord de la province, près de Springdale et Plum Point.

Le porte-parole Roger Scaplen a plaidé que Santé Canada considère pour l’instant que «s’ils sont utilisés conformément au mode d’emploi qui figure sur l’étiquette, il est peu probable que les produits contenant de l’acide de glyphosate nuisent à la santé humaine».

Mais pour les porte-parole de l’opposition en matière d’environnement — le libéral Christopher Mitchelmore et le néo-démocrate George Murphy —, le gouvernement devrait suspendre l’utilisation du glyphosate le temps que Santé Canada complète sa réévaluation du produit, l’an prochain.

Le ministère fédéral indique qu’il doit examiner plus de 450 études existantes, et travaille de concert avec l’agence américaine de protection de l’environnement (EPA).

Monsanto et d’autres fabricants de produits à base de glyphosate rejettent catégoriquement les conclusions de l’OMS. Ils citent plutôt la décision de l’EPA, qui a donné son feu vert au produit en 2012.

Monsanto a aussi sommé le Centre international de recherche sur le cancer, une division de l’OMS, de se rétracter à la suite de sa décision de mars dernier.