Tim Hudak est dépeint comme le «Joker» de Batman dans un dépliant électoral

TORONTO – À la veille des élections provinciales en Ontario, les progressistes-conservateurs ont reproché mercredi aux libéraux de sombrer dans la petite politique.

C’est un dépliant qui a suscité l’ire des troupes de Tim Hudak. Dans cette publicité électorale, le chef conservateur est dépeint comme le «Joker», l’un des ennemis jurés du super-héros Batman.

Dans le dépliant distribué dans une circonscription du nord de Toronto détenue par les libéraux au moment du déclenchement de la campagne, M. Hudak, à l’instar du célèbre personnage psychopathe, arbore un sourire diabolique. M. Hudak affiche ce rictus alors qu’il s’éloigne d’un hôpital totalement bondé. Sous cette image peu flatteuse, on demande aux électeurs s’ils peuvent réellement faire confiance aux progressistes-conservateurs afin d’assurer leur avenir.

La première ministre libérale sortante, Kathleen Wynne, n’avait pas le coeur à rire lorsqu’elle a été informée de l’existence du dépliant. Tout en précisant qu’elle n’en avait pas encore vu la couleur, elle a lancé que son usage était «inacceptable». Elle a ajouté que cette publicité ne concordait pas avec le reste de la campagne menée par son équipe.

Sur le réseau social Twitter, Steven Del Duca, qui cherche à conserver son siège dans la circonscription de Vaughan, a fait valoir qu’il avait commis «une erreur» dont il s’est dit désolé.

Ces excuses n’ont pas suffi à calmer le jeu. Les progressistes-conservateurs sont allés jusqu’à qualifier le document de «littérature terroriste», en soutenant qu’il était clairement destiné à susciter la panique au sein de l’électorat pour qu’il reconduise les libéraux au pouvoir.

Mardi, les libéraux avaient accusé les progressistes-conservateurs de violer les règles, car des dizaines de citoyens de London ont reçu des lettres les dirigeant vers le mauvais bureau de scrutin. Ils leur ont reproché d’avoir envoyé d’autres missives du même genre à des électeurs d’une circonscription d’Ottawa.

Les progressistes-conservateurs ont rétorqué qu’il s’agissait d’erreurs commises de bonne foi, et ils ont présenté leurs plus plates excuses aux personnes visées par ces avis.

Les libéraux n’ont visiblement pas l’intention de lâcher prise malgré ce repentir. Ils ont déposé une plainte auprès d’Élections Ontario, plaidant que les progressistes-conservateurs ont, à leur avis, sciemment tenté d’empêcher certains électeurs d’exercer leur droit de vote.

La chef néo-démocrate, Andrea Horwath, a estimé que cette joute entre libéraux et progressistes-conservateurs montrait «une sorte de désespoir de dernière minute».

«Il ne fait aucun doute qu’il y a eu cette teneur dans les derniers jours, mais je pense que les enjeux sont élevés», a dit Mme Horwath lors d’un arrêt à Ottawa.

«Les enjeux ne sont pas nécessairement élevés pour les politiciens, mais ils sont élevés pour les gens de cette province. Ils méritent beaucoup mieux que ce qu’ils ont eu dans les dernières années.»