Tordeuse sur la Côte-Nord: une entente permet de reprendre la récolte

Les quelque 450 travailleurs forestiers de la Côte-Nord qui avaient été temporairement mis à pied à la mi-juin pourront reprendre le travail au cours des prochains jours.

«La bonne nouvelle, c’est qu’on est parvenu à une entente et l’industrie s’engage à reprendre le travail sur la Côte-Nord», a déclaré le ministre de l’Économie, Jacques Daoust, à l’issue d’une rencontre avec l’industrie lundi.

Les forestières Résolu, Boisaco et Arbec avaient interrompu la récolte en raison de la piètre qualité du bois affecté par l’épidémie de tordeuse des bourgeons d’épinette, particulièrement dans les secteurs de Baie-Comeau, Sacré-Coeur et Port-Cartier.

«La tordeuse des bourgeons d’épinette cause quand même des problèmes majeurs au niveau de la qualité du produit et au niveau des rendements de la fibre», a indiqué le président et directeur-général de Résolu, Richard Garneau, visiblement satisfait de la tournure des événements.

«À partir de la semaine prochaine, on retourne en forêt», a-t-il laissé tomber en conférence de presse, à Québec, aux côtés du ministre Daoust et ses collègues des Forêts, Laurent Lessard, et de l’Énergie, Pierre Arcand.

Québec a conclu avec ces entreprises une entente comprenant plus d’une vingtaine de mesures qui s’appliqueront durant cinq ans, soit la durée estimée de l’épidémie, et qui sont réservées à la Côte-Nord, a précisé le ministre Daoust.

«C’est une entente qui est globale, qui est spécifique à la Côte-Nord», a précisé le ministre.

L’une de ces mesures, la renonciation à la garantie d’approvisionnement, permettra de remettre le bois sur le marché afin de permettre au prix de la fibre de descendre et de s’approcher de sa valeur réelle. Le prix de la fibre était d’ailleurs en tête des revendications des entreprises, étant donné que le prix fixé par le gouvernement est fonction d’une ressource en santé.

«Il fallait s’assurer du coût de la fibre et je pense que l’entente qu’on a signée (…) c’est un pas vers le futur», a pour sa part confié le grand patron d’Arbec, Réjean Paré.

«Avec ça on va être capable de se faire des budgets gagnant-gagnant. On dit dans notre langage que: deux plus deux, faut que ça fasse au moins cinq!», a-t-il laissé tomber en riant.

Par ailleurs, les usines de papier de Baie-Comeau et de Clermont auront temporairement droit à un tarif d’électricité réduit destiné aux entreprises en difficulté, dont les modalités restent à déterminer.

L’interruption de la récolte endommagée avait entraîné une première série de mises à pied en forêt, soit 240 chez Résolu et 200 chez Rémabec (filiale d’Arbec), mais menaçait ultimement les activités de 1700 travailleurs dans plusieurs scieries et les papetières de Baie-Comeau et de Clermont.

Ces papetières produisent toutefois du papier journal et Richard Garneau est bien conscient que leur avenir à long terme n’est aucunement lié à la tordeuse des bourgeons d’épinettes mais bien au marché de la presse imprimée et qu’il faudra éventuellement revoir leur vocation.

«On sait que la demande de papier journal continue à diminuer, mais il faut la faire durer le plus longtemps possible et on va regarder d’autres possibilités de repositionnement», a-t-il déclaré.

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