Toronto: un policier nie avoir abattu un adolescent sans motif raisonnable

TORONTO – Un policier de Toronto qui subit un procès pour avoir abattu un adolescent armé d’un couteau dans un tramway nie avoir tiré sur le jeune homme de 18 ans sans motif raisonnable.

L’agent James Forcillo, qui est accusé en lien avec la mort de Sammy Yatim, s’est dit en désaccord avec l’argument du procureur de la Couronne, qui a suggéré vendredi que le geste du policier reposait sur une intuition, un sentiment — ce qui n’est pas un motif raisonnable, a indiqué Milan Rupic lors de son contre-interrogatoire.

Selon Me Rupic, Forcillo croyait que «peut-être» le jeune homme allait l’attaquer, mais en réalité, il ne savait pas ce qu’il allait faire.

Forcillo, qui a plaidé non coupable à des accusations de meurtre non prémédité et de tentative de meurtre, a rétorqué qu’il était, «sans réserve en désaccord» avec les affirmations du procureur.

Pendant une nuit du mois de juillet 2013, Sammy Yatim avait consommé de l’ecstasy avant de monter à bord d’un tramway, où il a brandi son petit couteau, selon ce qui a été révélé au jury lors du procès. Des vidéos et des bandes sonores ont démontré que Forcillo avait demandé à plusieurs reprises au jeune homme de «laisser tomber le couteau» avant de tirer neuf balles sur lui lors d’un affrontement qui aura duré 50 secondes.

Forcillo a témoigné qu’il pensait que l’adolescent allait l’attaquer et, suivant les enseignements de sa formation en policier, il a utilisé son fusil.

Lors d’un contre-interrogatoire tendu, Me Rupic a toutefois laissé entendre que Forcillo n’avait pas agi comme un policier aurait dû le faire. «Dans votre esprit, les agents ont le droit de crier des ordres, de faire des demandes et vous vous attendez à ce que les gens les respectent, et là, vous étiez stupéfait que la personne ne suive pas (vos ordres)», a-t-il soutenu.

«Les policiers ont le droit de choisir ce qui fonctionnera le mieux dans une situation particulière», a répondu Forcillo.

Me Rupic a aussi affirmé que le policier avait l’intention de tuer le jeune homme lorsqu’il a tiré neuf fois sur lui, mais Forcillo a martelé qu’il souhaitait simplement «l’arrêter».

Le procureur de la Couronne a aussi indiqué que le policier aurait pu considérer d’autres moyens non létaux avant d’agripper son fusil. «Ce n’est pas une situation où vous avez essayé, même pas une fois, d’établir une connexion par la communication, pour essayer de calmer la personne», a-t-il lancé. Forcillo a réitéré qu’il avait utilisé les techniques qu’on lui avait enseignées à l’école de police.