Tourisme: Québec va forcer les particuliers à percevoir la taxe d’hébergement

QUÉBEC – Pour bien des gens, finies les vacances à petit prix au Québec.

Car l’époque où les touristes pouvaient trouver une chambre à prix modique par leurs propres moyens chez un particulier, en évitant le réseau officiel d’hébergement beaucoup plus coûteux, tire à sa fin.

Québec croit avoir trouvé le moyen de puiser des centaines de milliers de dollars supplémentaires dans la poche des voyageurs.

Ainsi, les particuliers qui louent sur une base «régulière» à des touristes une chambre de leur maison ou leur condo seront bientôt forcés par Québec de se procurer une classification et devront verser la taxe d’hébergement.

Pour les voyageurs qui appréciaient ce type de formule à la bonne franquette et à moindre coût, la part du budget consacrée à l’hébergement pourra donc être plus élevée dorénavant.

Le projet de loi 67 déposé jeudi par la ministre du Tourisme, Dominique Vien, vise à faire entrer dans le rang les particuliers qui peuvent offrir de bas tarifs d’hébergement en échappant jusqu’à maintenant au contrôle gouvernemental et au fisc.

Les particuliers visés sont ceux qui recrutent des touristes pour une ou plusieurs nuitées en ayant recours à des plateformes numériques comme AirB&B.

«Ces nouvelles plateformes séduisent le consommateur et sont là pour rester», a reconnu la ministre en conférence de presse.

Les hôteliers, mécontents de compter le nombre de chambres vides dans leur établissement et inquiets de la popularité croissante de formules nouvelles, se plaignaient de pratique déloyale, et ont convaincu la ministre d’encadrer ce type d’hébergement.

Dorénavant, les délinquants qui tenteront d’échapper au processus de classification auront les inspecteurs du gouvernement à leurs trousses et risquent de trouver la facture très salée: Québec fait passer le nombre d’inspecteurs de deux à 18, et fait grimper les amendes maximales de 2250 $ par jour à 100 000 $ par jour, dans les cas extrêmes de refus d’obtempérer.

Les inspecteurs du Tourisme auront de surcroît un pouvoir d’enquête.

La taxe d’hébergement varie, sur une base régionale, de 2 pour cent à 3,5 pour cent. La cabinet de la ministre Vien a dit ignorer quel montant d’argent est perçu chaque année grâce à la taxe d’hébergement.

Les montants additionnels perçus quand la loi sera adoptée _ «plusieurs centaines de milliers de dollars», selon l’estimation de Mme Vien _ seront retournés aux associations touristiques régionales pour la promotion du tourisme dans leur localité. Actuellement, les régions sont donc privées d’une source de revenus, a-t-elle fait valoir.

La ministre a exprimé son intention d’uniformiser à court terme le montant de la taxe d’hébergement d’une région à l’autre.

Elle doit aussi présenter bientôt un nouveau modèle d’affaires et de gouvernance de l’industrie touristique au Québec, promis depuis des mois.

Dans son projet de loi, Québec précise la notion de «touriste», qui va inclure désormais quiconque effectue un voyage d’affaires.

Le système de classification obligatoire consiste à attribuer des étoiles (un maximum de cinq) aux établissements d’hébergement, en fonction des services offerts.

Les particuliers offrant l’hébergement touristique devront débourser quelque 243 $ par année pour obtenir et conserver leur classification.

La Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) a réagi en demandant à Québec d’exercer un contrôle efficace «pour empêcher que des locataires agissent dans l’illégalité et tirent profit de leur logement en le sous-louant à des touristes».

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