Traitement moins agressif mais quand même efficace des cancers pédiatriques

CHICAGO – La décision d’attaquer moins agressivement les cancers pédiatriques s’est révélée la bonne: plus d’enfants survivent que jamais à leur maladie, mais sans les complications à long terme qui ont condamné plusieurs de leurs prédécesseurs, démontre une vaste étude rendue publique dimanche.

Les traitements de radiothérapie et de chimiothérapie qui ont sauvé d’innombrables enfants pouvaient aussi endommager le coeur et d’autres organes, engendrant des problèmes qui pouvaient se révéler mortels des années plus tard.

Les médecins ont donc décidé, pendant les années 1990, d’utiliser des doses plus modestes de radiation, d’éviter certains médicaments et de modifier la façon dont la chimiothérapie était administrée, tout en se demandant si cela allait nuir aux chances de survie de leurs petits patients.

L’étude dirigée par le docteur Greg Armstrong de l’hôpital pour enfants St. Jude de Memphis, au Tennesse, a suivi plus de 34 000 survivants d’un cancer pédiatrique pendant plusieurs décennies, et elle fournit une réponse sans équivoque à cette question: non. Le taux de survie a continué à s’améliorer, même avec les traitements moins agressifs, et moins d’enfants ont succombé à des cancers secondaires ou à des problèmes du coeur ou des poumons 15 ans après la fin de leur premier traitement.

Les chercheurs ont constaté que le taux de mortalité 15 ans après le traitement a continué à glisser, passant de 12 pour cent en 1970-1974 à 6 pour cent en 1990-1994. Les décès attribuables aux effets tardifs du traitement sont passés de 3,5 pour cent à 2,1 pour cent pendant la même période.

Il y a 50 ans, seulement 30 pour cent des victimes d’un cancer pédiatrique survivaient, un taux qui atteint maintenant 80 pour cent.

Les résultats de cette étude ont été dévoilés dimanche lors d’un congrès de l’American Society of Clinical Oncology, à Chicago.