Trans Mountain demande de tripler la capacité de son oléoduc Edmonton-Vancouver

VANCOUVER – Kinder Morgan a déposé à l’Office national de l’énergie (ONÉ) ses arguments finaux visant à tripler la capacité de son oléoduc Trans Mountain, qui achemine d’Edmonton jusqu’à Vancouver du pétrole brut issu des sables bitumineux de l’Alberta.

Dans les plus récents documents déposés à l’ONÉ, l’entreprise soutient que grâce à l’augmentation de la capacité de l’oléoduc — un projet de 5,4 milliards $ —, le produit intérieur brut du Canada connaîtrait une croissance totale de 18,2 milliards $ au cours des 20 premières années d’exploitation.

«L’examen approfondi et rigoureux dont ce projet a fait l’objet, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du processus officiel de l’ONÉ, est sans précédent», a déclaré Ian Anderson, le président de Kinder Morgan Canada, dans un communiqué.

«Notre équipe est fière des efforts qui ont été faits pour prendre en considération les différentes opinions et pour présenter les meilleures données scientifiques et techniques au grand public, comme aux régulateurs.»

Kinder Morgan espère tripler la capacité de son oléoduc Trans Mountain en ajoutant presque 1000 kilomètres de nouvelles conduites entre Edmonton et la grande région de Vancouver.

Le projet ferait passer la capacité de l’oléoduc de 300 000 à 890 000 barils par jour et de 5 à 34 le nombre de pétroliers s’arrêtant chaque mois à l’anse Burrard, en Colombie-Britannique.

L’ONÉ soumettra ses recommandations au gouvernement fédéral en janvier.

Dans les documents présentés jeudi, l’entreprise réplique à certains arguments accablants présentés plus tôt cette année par des intervenants, notamment que des émanations de benzène — un gaz toxique — à la suite d’un déversement accidentel pourraient incommoder gravement jusqu’à un million de personnes.

Kinder Morgan soutient que cette assertion est trompeuse, car elle évoque, sans qualification, le scénario le plus sombre, et qu’elle ne tient pas compte de son tout nouveau plan d’intervention en cas de déversement d’hydrocarbures.

Les dirigeants de Trans Mountain soutiennent aussi que les 145 conditions préliminaires imposées la semaine dernière par l’ONÉ, quoique rigoureuses, sont somme toute réalisables. Ils réclament cependant quelques amendements pour respecter l’échéancier de construction.

Kinder Morgan prétend par ailleurs qu’elle a conclu 28 ententes avec des communautés des Premières Nations.

La porte-parole de Trans Mountain, Ali Hounsell, a affirmé que les avis émanant des membres du public avaient poussé la compagnie à apporter des changements au projet, incluant le renforcement des murs entourant le pipeline dans les villes et la modification du plan afin d’éviter 22 points de franchissement de cours d’eau importants.

«Nous croyons que les contributions et la rétroaction que nous avons reçus nous ont permis d’élaborer un projet encore meilleur, un projet encore plus solide, sécuritaire et responsable. Et nous allons continuer d’écouter les gens.»