Trop d’aînés prennent des somnifères, conclut un organisme

TORONTO – Une campagne visant à réduire les soins de santé qui ne sont pas vraiment nécessaires recommande plus de prudence dans la prescription de somnifères aux personnes âgées.

La campagne «Choisir avec soin» estime que le tiers environ des Canadiens âgés de plus de 65 ans prennent des somnifères, même si ces médicaments peuvent avoir des effets secondaires graves chez les adultes âgés. Ces substances peuvent rester longtemps dans l’organisme et provoquer de la confusion ainsi que des problèmes de mémoire et d’équilibre, rappelle le groupe.

Ainsi, ils multiplient par deux le risque de chutes et de fractures de la hanche — des causes fréquentes d’hospitalisation et de décès chez les personnes âgées — et accroissent le risque d’accident de la route.

Pourtant, en moyenne, les gens qui prennent ces médicaments ne dorment que légèrement plus et mieux que ceux qui n’en prennent pas, indique-t-on. La présidente de «Choisir avec soin», Wendy Levinson, a indiqué qu’il existe par ailleurs d’autres méthodes plus sûres pour améliorer le sommeil des personnes âgées.

Selon elle, il faut d’abord et avant tout passer un examen médical complet, car les problèmes de sommeil peuvent être causés par la dépression ou l’anxiété, la douleur ou le «syndrome des jambes sans repos», et par d’autres ennuis de santé. Même si l’examen ne permet pas de découvrir une cause sous-jacente, il faut essayer d’autres solutions avant de prendre des médicaments, estime l’organisme.

«Choisir avec soin» rappelle d’ailleurs quelques conseils pratiques pour aider à mieux dormir sans médicaments: faire de l’exercice, adopter une «routine du coucher», éviter de manger trois heures avant d’aller au lit — et éviter les aliments contenant de la caféine après 15 h —, limiter sa consommation d’alcool, créer un environnement propice au repos, et garder les animaux de compagnie à leur place.

La campagne «Choisir avec soin», mise sur pied en partenariat avec l’Association médicale canadienne, «vise à aider les médecins et les patients à engager un dialogue au sujet des examens, des traitements et des interventions qui ne sont pas nécessaires».

«Les gens pensent que plus on en fait, mieux c’est. Des patients croient qu’ils ont absolument besoin de certains tests, ils ne comprennent pas que des procédures peuvent être néfastes (…) comme les prescriptions inutiles d’antibiotiques», a estimé Mme Levinson dans une entrevue.

La campagne «Choisir avec soin» a réuni des représentants de deux douzaines d’associations de médecins spécialistes, qui ont dressé une liste de cinq tests, procédures ou pratiques médicales usuels qui ne devraient pas être faits systématiquement. Des comités ont ensuite vérifié cette liste, afin de déterminer s’il est sûr de conseiller aux médecins et aux patients d’éviter ou de réduire certaines pratiques.

À titre d’exemple, le groupe a conclu que les examens physiques ne devraient pas avoir lieu chaque année, surtout pour les personnes dont l’état de santé ne représente pas de risques particuliers.

De même, les médecins ne devraient pas demander une mesure de densité osseuse (tomodensitométrie osseuse quantitative) plus d’une fois tous les deux ans, car les os ne changent pas de toute façon aussi rapidement.

«En Ontario, 30 pour cent des (tests) de densité osseuse ont été demandés en-deçà de deux ans. C’est ahurissant!», a noté Mme Levinson.