Trudeau affirme qu’un gouvernement libéral taxerait la pollution par le carbone

VANCOUVER – Le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, a dévoilé sa plateforme environnementale, lundi, affirmant qu’il allait travailler avec les provinces pour taxer la pollution par le carbone s’il devenait premier ministre du Canada.

Il a déclaré devant les médias de Vancouver que son gouvernement mettrait sur pied un plan afin de réduire la pollution par le carbone du pays, dans les 90 premiers jours de son mandat.

M. Trudeau a affirmé qu’il inviterait les premiers ministres de chaque province à l’accompagner à la Conférence sur les changements climatiques des Nations unies, qui aura lieu à Paris à la fin de l’année.

«Pour nettoyer le gâchis dans notre propre cour, nous allons redonner du mordant au processus de révision environnemental, celui qui a été bousillé par le gouvernement de Stephen Harper», a-t-il dit sur le bord de l’eau à la plage de Jéricho.

M. Trudeau a affirmé qu’une révision juste requerrait davantage de consultation sur des projets comme l’oléoduc Northern Gateway, qui augmenterait le trafic de pétroliers dans le port de Vancouver.

Il a déclaré que son gouvernement ouvrirait de nouveau la station de la Garde côtière de Kitsilano, près de la baie des Anglais, une promesse que le chef du Nouveau Parti démocratique Thomas Mulcair a aussi faite au mois d’avril après qu’un déversement de 2700 litres de pétrole soit survenu dans la baie. La marée noire s’était étendue aux plages le long du Park Stanley et de Vancouver Ouest.

La Garde côtière du Canada avait fait face à beaucoup de critiques, notamment lorsque le maire Gregor Robertson avait déclaré que le temps de réaction avait été trop lent.

M. Trudeau a aussi promis que les libéraux allaient augmenter le nombre de zones de protection marine et côtières à cinq pour cent d’ici 2017, et à 10 pour cent d’ici 2020.

Il a ajouté qu’un gouvernement libéral annulerait les frais d’admission aux parcs nationaux en 2017 pour commémorer le 150e anniversaire du Canada.

En réaction à l’annonce de M. Trudeau, le Parti conservateur lui a reproché de «ne pas comprendre» les conséquences de certaines politiques proposées.

De leur côté, les néo-démocrates ont fait valoir que l’annonce du chef libéral contenait «peu de détails». Ils ont toutefois remarqué que les libéraux avaient emprunté plusieurs idées de la plateforme du NPD sur la question.

Le groupe environnementaliste Greenpeace s’est dit généralement «déçu» de l’annonce du chef libéral, bien qu’il reconnaisse certains points positifs, dont celui de la mise en place d’un moratoire sur l’arrivée des pétroliers sur les côtes du Nord de la Colombie-Britannique.

«L’annonce faite aujourd’hui est décevante car elle ne propose pas les mesures nécessaires pour que le Canada fasse sa juste part face à la crise climatique. La protection du climat nécessite des actions concrètes, des objectifs et des politiques clairs et non pas des déclarations vagues et floues», a déclaré Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie, dans un communiqué de Greenpeace.

Au moins un groupe du secteur de l’industrie, l’Association canadienne de l’électricité (ACÉ), s’est dit satisfait de l’annonce libérale. Son président Sergio Marchi a affirmé être «rassuré» de constater que l’équipe de Justin Trudeau avait tenu compte des suggestions que l’ACÉ avait fait parvenir à tous les partis politiques.