Trudeau règle le sort des deux députés libéraux accusés par les députées du NPD

OTTAWA – Le député libéral Massimo Pacetti a visiblement voulu prendre de court son futur ex-chef Justin Trudeau en signalant mercredi qu’il ne se présenterait pas aux prochaines élections fédérales.

Peu avant que l’élu montréalais ne fasse cette annonce, des sources libérales confirmaient que M. Trudeau s’apprêtait à annoncer son expulsion définitive et celle de l’autre député qui avait été éjecté du caucus libéral en novembre dernier, Scott Andrews.

Le chef du Parti libéral aurait pris cette décision après avoir consulté le rapport produit par l’avocate torontoise Cynthia Petersen, qui avait été chargée de mener une enquête indépendante sur des allégations émanant d’une députée néo-démocrate.

Celle-ci avait approché directement M. Trudeau en alléguant que Massimo Pacetti avait eu une relation sexuelle avec elle sans qu’elle ne lui fournisse un accord explicite. Elle lui aurait aussi confié que le député Andrews harcelait sexuellement une de ses consoeurs néo-démocrates.

Les deux hommes avaient rapidement été exclus du caucus, sans que leur chef ne précise la nature des gestes qui leur étaient reprochés. On pourrait bien ne jamais savoir exactement ce qui s’est passé, à en croire les libéraux.

La directrice des communications de Justin Trudeau a confirmé mercredi que ce dernier avait bel et bien le rapport de Mme Petersen entre les mains. Mais Mylène Dupéré a prévenu dans un courriel que «le rapport est confidentiel» et qu’il «ne sera pas rendu public».

Massimo Pacetti a de nouveau clamé son «innocence» en annonçant qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat sous la bannière libérale dans sa circonscription de Saint-Michel—Saint-Léonard, qu’il représentait depuis 2002.

«Au cours des derniers mois, j’ai été forcé de gérer une situation qui ne concernait que ma vie personnelle mais qui a interféré avec ma capacité de représenter mes commettants le plus efficacement qui soit», a-t-il écrit dans une déclaration transmise aux médias.

Il précise dans sa lettre qu’après «mûre réflexion», il en est arrivé à la conclusion que chercher à se faire réélire en octobre 2015 «ne serait pas dans l’intérêt de (sa) famille et de (ses) concitoyens».

Scott Andrews a également effectué une sortie, mercredi, en publiant une déclaration dans laquelle il s’est dit «abasourdi» d’avoir appris son expulsion du Parti libéral par le biais des médias.

Le député terre-neuvien a assuré avoir pleinement collaboré à l’enquête sur les allégations. Il affirme qu’on lui avait promis une copie du sommaire exécutif de Mme Petersen avant que ses conclusions ne soient rendues publiques.

En début de journée, il soutenait qu’il attendait ce sommaire depuis vendredi et assuré qu’il n’avait eu aucune discussion avec Mme Petersen, M. Trudeau ou le parti à ce sujet.

L’absence de processus formel pour l’enquête de plaintes pour inconduite contre des députés a fait en sorte qu’il avait été difficile d’examiner les allégations qui ont été portées à l’endroit des deux élus libéraux.

L’automne dernier, Justin Trudeau avait initialement demandé à la whip du Parti libéral, Judy Foote, de discuter en privé avec les deux femmes, et, à la suite de ces discussions, avait choisi de suspendre MM. Pacetti et Andrews du caucus.

À ce moment, le chef libéral avait seulement indiqué avoir agi après avoir reçu des plaintes d’«inconduite personnelle» de la part d’une députée d’un autre parti. Il n’avait révélé ni la nature des plaintes, ni le sexe de la plaignante, ni le parti auquel elle appartenait.

Des députés néo-démocrates, furieux, l’ont cependant accusé de «revictimiser» les femmes en rendant l’affaire publique.

En décembre, M. Trudeau a embauché Mme Petersen pour mener une enquête. On ignore si les députées ont collaboré avec elle ou si elle a dû se fier aux notes prises lors de leur discussion avec Mme Foote.

Laisser un commentaire