Ukraine: la police de la route de Kiev démantelée; une nouvelle unité formée

KIEV, Ukraine – Les jours des tentatives d’extorsion pratiquées sur les accotements de Kiev par des policiers corrompus pourraient bien être révolus.

Le ministre de l’Intérieur ukrainien va démanteler samedi la police de la route de la capitale et la remplacer par une nouvelle unité, et ce, avec l’aide du Canada, des États-Unis, du Japon et de l’Australie.

L’actuelle police de la route ukrainienne a la réputation d’interpeler les automobilistes et de leur faire payer des amendes pour des violations — réelles ou imaginaires — aux règles de sécurité routière.

L’ambassadeur canadien en Ukraine, Roman Waschuk a expliqué à La Presse Canadienne que la nouvelle unité qui sera mise en place pour la remplacer est «l’un des symboles les plus visibles» des changements qui ont cours dans ce pays.

M. Waschuk a précisé que de nouveaux policiers seraient choisis selon de «nouveaux critères», porteraient de nouveaux uniformes et travailleraient avec du nouvel équipement, selon une approche de police communautaire.

Les quelque 2000 recrues, qui ont terminé jeudi leur programme de formation, ont été sélectionnées après un processus rigoureux d’entrevues, d’entraînement et d’évaluations psychologiques, a précisé l’ambassadeur. Les nouveaux agents gagneront environ 400 $ US par mois, soit plus du double de ce que gagne un travailleur ukrainien moyen.

Les agents de l’actuelle police de la route de moins de 35 ans peuvent tenter leur chance aux évaluations et, en cas de succès, être réengagés dans la nouvelle unité.

Le projet pilote de nouvelle unité policière, qui sera tout d’abord implanté à Kiev, sera bientôt étendu à tout le territoire ukrainien. Et si les États-Unis sont les principaux maîtres d’oeuvre de l’implantation de la réforme, l’implication du Canada ira en augmentant au fur et à mesure que d’autres villes — dont Odessa, Lviv et Kharkov — seront incluses, a précisé Roman Waschuk. Huit policiers mentors canadiens sont attendus en Ukraine.

L’ambassadeur Waschuk n’est pas inquiet des conséquences de la mise à pied des policiers actuels, qui pourront s’engager dans l’armée ou dans la garde nationale. Il ne croit pas que la situation donnera des munitions aux séparatistes ou encore un nouveau bassin de recrues aux forces soutenues par la Russie. Toutefois, «il n’y a pas d’option sans risque dans cet environnement», a-t-il admis.

«Il s’agit du genre de changements que demandent les citoyens», a affirmé Roman Waschuk en soulignant qu’une initiative semblable à Tbilissi, la capitale de la Géorgie, a connu un beau succès, et que plusieurs des gens impliqués dans la réforme ukrainienne y ont travaillé.

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