Une Sherbrookoise se trouvait dans le vol d’Air Algérie qui s’est écrasé

MONTRÉAL – Au moins une Québécoise se trouvait à bord du vol AH 5017 d’Air Algérie qui transportait 116 personnes et qui s’est écrasé lors de fortes pluies jeudi au Mali, près de la frontière du Burkina Faso. Il s’agit d’Isabelle Prévost, 35 ans, de Sherbrooke.

Son conjoint, Danny Frappier, a confirmé à La Presse Canadienne avoir reçu un appel, jeudi matin, l’informant que sa conjointe était à bord l’avion qui, à ce moment-là, était porté disparu. Mme Prévost était en vacances en Afrique et c’est la famille qui l’hébergeait là-bas qui a d’abord contacté M. Frappier.

Il dit avoir immédiatement entrepris des démarches auprès des autorités et du transporteur aérien afin d’obtenir plus d’informations, mais celle-ci lui est livrée au compte-goutte.

«Ils nous confirment l’information peu à peu, les médias en annoncent beaucoup plus que ce qu’on nous confirme présentement. La seule confirmation officielle, c’est qu’elle faisait partie du vol».

Danny Frappier entretient donc peu d’espoir de revoir sa conjointe vivante, mais souhaite tout de même vivre dans le doute le moins longtemps possible.

«On va essayer de passer la meilleure nuit qu’on peut et on verra demain (vendredi) qui nous confirme quoi. En espérant qu’il y a quelque chose de son corps qui va être rapatrié, une genre de preuve qu’elle était vraiment là, qu’elle est vraiment décédée, je ne sais pas.»

Le couple a trois enfants, qui sont âgés de 9, 7 et 5 ans. La famille et des amis se sont présentés à la maison de M. Frappier tout au long de la journée pour le soutenir dans cette épreuve.

Il s’agit du troisième désastre aérien majeur à survenir dans le monde en une semaine.

L’avion affrété par Air Algérie, qui appartenait au transporteur espagnol Swiftair, est disparu des radars moins d’une heure après son décollage de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, à destination d’Alger.

Des avions de l’armée française, des casques bleus de l’ONU au Mali et d’autres responsables ont cherché pendant plusieurs heures des signes de la carlingue de l’avion MD-83 dans une vaste région désertique et isolée.

L’avion a finalement été retrouvé à environ 50 kilomètres de la frontière du Burkina Faso, près du village de Boulikessi au Mali, a indiqué un proche collaborateur de la présidence burkinabè.

«Nous avons envoyé des hommes sur les lieux, avec l’accord du gouvernement du Mali, et ils ont trouvé l’épave de l’avion avec l’aide des habitants de la région», a expliqué le général Dienéré, un proche du président Blaise Compaoré, qui dirige le comité d’urgence mis sur pied pour coordonner les recherches.

«Ils ont trouvé des restes humains et des morceaux de l’avion totalement calcinés et éparpillés», a-t-il ajouté.

Le président français François Hollande a confirmé vendredi qu’il n’y avait aucun survivant. Il a aussi ajouté qu’une boîte noire avait été récupérée.

Il a indiqué à l’Associated Press que des secouristes avaient été envoyés dans cette région après qu’un habitant eut affirmé avoir vu un avion s’écraser à environ 80 kilomètres au sud-ouest de Gossi, au Mali. Le gouvernement burkinabè a décrété un deuil national de 48 heures.

La télévision publique malienne a également annoncé que la carlingue avait été retrouvée dans le village de Boulikessi par un hélicoptère venu du Burkina Faso. Le ministre algérien des Transports a pour sa part indiqué que les restes de l’avion semblaient avoir été retrouvés. Les autorités françaises n’étaient pas en mesure de confirmer l’information jeudi soir.

Le premier ministre Stephen Harper a confirmé, jeudi après-midi, qu’il y avait des Canadiens à bord du vol AH 5017, mais le ministère des Affaires étrangères n’a pas dévoilé l’identité des victimes canadiennes.

Selon le ministère des Transports du Burkina Faso, il y avait cinq Canadiens à bord de l’avion, une information qui n’a pas été confirmée par le gouvernement canadien.

«Pour protéger la vie privée des personnes concernées, le ministère des Affaires étrangères ne peut diffuser aucune information», a indiqué jeudi soir un porte-parole du ministère, Saro Khatchadourian, en entrevue avec La Presse Canadienne.

Un homme d’origine burkinabè, Mamadou Zoungrana, qui travaille à l’hôpital de Papineau à Gatineau, a déclaré à Radio-Canada que sa femme et leurs deux fils, âgés de 6 et 13 ans, étaient à bord de l’avion. Selon Radio-Canada, ils n’étaient pas citoyens canadiens mais devaient venir s’installer au Canada.

M. Harper s’est dit consterné par la catastrophe. «Nos pensées et nos prières accompagnent les familles et amis des passagers et des membres d’équipage qui ont perdu la vie dans cette tragédie», a-t-il déclaré dans un communiqué.

Il a ajouté que le gouvernement canadien restait en contact avec les autorités concernées sur place et fournissait son assistance sur le terrain en fonction des besoins.

L’appareil MD-83 avait quitté la capitale du Burkina Faso et devait se poser à Alger. Un communiqué d’Air Algérie, diffusé par l’agence de presse algérienne APS, a précisé que les contrôleurs aériens avaient eu leur dernier contact avec le vol AH 5017 environ 50 minutes après son décollage.

Swiftair a indiqué que l’avion volait avec un équipage composé de deux pilotes et de quatre agents de bord.

Selon le ministre des Transports du Burkina Faso, Jean Bertin Ouedraogo, tout juste avant la disparition de l’avion, les pilotes avaient envoyé un message pour demander aux contrôleurs aériens nigériens de modifier leur trajectoire à cause des fortes pluies.