Un bon signe pour le professeur canadien détenu à Jakarta, selon sa famille

La famille de Neil Bantleman, un professeur canadien détenu en Indonésie à la suite d’une condamnation largement critiquée pour agressions sexuelles contre des enfants, estime qu’un nouveau jugement d’une cour indonésienne «augure bien» pour sa libération définitive.

Un tribunal indonésien a rejeté lundi une poursuite de 125 millions $ contre l’École interculturelle de Jakarta, l’établissement où travaillait M. Bantleman avant qu’il ne soit visé par des accusations.

Neil Bantleman et un de ses collègues, Ferdinand Tjiong, ont été accusés d’avoir agressé sexuellement trois élèves à l’école en 2014. Les deux hommes ont été condamnés à 10 ans de prison en avril dernier, à la suite d’un procès largement dénoncé à cause d’éléments de preuve contradictoires.

Des rapports médicaux émanant de trois hôpitaux différents de Djakarta et de Singapour précisaient que les trois enfants au centre de cette affaire ne présentaient aucune blessure ou anomalie.

M. Bantleman a porté sa condamnation en appel. Son frère Guy a affirmé lundi que le rejet de la poursuite contre l’École interculturelle de Jakarta était un bon signe, car les raisons données par la cour seront difficiles à ignorer pour les juristes qui s’occupent de l’appel de Neil, qui est susceptible d’être réglé d’ici la fin du mois.

La poursuite en question ne mentionnait pas Neil Bantleman à titre d’accusé, mais ciblait l’école et un certain nombre de concierges sous le coup d’accusations similaires.

Guy Bantleman a expliqué que le juge l’avait rejeté à cause d’un détail de procédure, mais que l’aspect le plus intéressant du jugement résidait dans les commentaires qui l’accompagnaient.

«Ils ont indiqué que le plaignant n’avait pas prouvé que les agressions sexuelles alléguées avaient effectivement eu lieu, a précisé Guy Bantleman en entrevue. Ironiquement, il s’agit du même tribunal qui a condamné Neil en avril dernier.»

Il s’agit de la seconde discrète victoire légale pour le professeur canadien en autant de semaines. Plus tôt en août, un tribunal de Singapour a statué que l’un des parents qui l’accusaient le diffamaient, ainsi que son collègue et l’École interculturelle de Djakarta.

Le tribunal a jugé que les allégations d’agressions sexuelles n’avaient pu être prouvées et a ordonné au parent de payer l’équivalent de 219 dollars canadiens en dommages.

«Je crois que tout cela augure bien pour Neil», a résumé son frère.

L’affaire était traitée à Singapour parce que plusieurs des allégations initiales avaient été faites par courriels, textos et autres communications numériques envoyés à partir de ce pays.

Après avoir été reconnu coupable, Neil Bantleman avait écrit une lettre au premier ministre Stephen Harper pour dénoncer la corruption du processus judiciaire, qui s’apparentait selon lui à une infraction aux droits humains.

Le gouvernement fédéral a demandé à l’Indonésie de s’assurer que l’appel soit mené «d’une façon équitable et transparente». Ottawa affirme qu’il continue de surveiller la santé et la sécurité du détenu.

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