Un conflit de travail entraîne retards et annulations à l’aéroport Pearson

MONTRÉAL – Près de 200 vols ont été annulés à l’aéroport international Pearson de Toronto, vendredi, en raison de ce qui semblait être un conflit de travail au sein d’une entreprise qui a perdu un contrat de ravitaillement des avions auprès de plusieurs lignes aériennes.

Selon un porte-parole syndical, 30 des 47 travailleurs qui devaient entrer au boulot vendredi matin ne l’ont pas fait sous prétexte qu’ils étaient malades, tandis que les autres ont refusé de faire des heures supplémentaires.

En après-midi, seulement 17 des 56 employés de Consolidated Aviation Fueling Services inscrits à l’horaire se sont présentés au travail. Le taux d’absentéisme pour le dernier quart de travail de la journée n’était pas disponible.

Dans un communiqué publié en soirée, l’Autorité aéroportuaire du Grand Toronto (GTAA), qui gère l’aéroport Pearson, a indiqué qu’à 17 h, 185 vols avaient déjà été annulés. La GTAA a précisé qu’elle avait réduit le nombre de vols entrants à l’aéroport et suggéré aux transporteurs aériens de ravitailler leurs appareils dans d’autres aéroports ou à leur destination.

Bill Trbovich, de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale, a attribué la situation au fait que les employés vont essentiellement tous perdre leur emploi le 1er octobre, ce qui engendre beaucoup de frustration.

Un certain nombre de transporteurs aériens ont choisi de changer de fournisseur de services de ravitaillement pour s’approvisionner auprès d’Aircraft Service International Group à Toronto à compter du 1er octobre. Ils ont déjà effectué un changement similaire à l’aéroport Pierre-Elliott Trudeau à Montréal le 1er juillet.

Les employés de Consolidated Aviation Fueling Services vont devoir proposer leur candidature auprès d’un nouvel employeur pour obtenir le même genre de travail, à un salaire moindre.

Ces travailleurs gagnent actuellement de 18 $ à 23 $ l’heure. Le nouvel employeur offrira le salaire minimum, avec un plafond à 14 $, et aucun régime de retraite, a expliqué M. Trbovich.

Consolidated Aviation Fueling Services n’a pas retourné les appels lui demandant de commenter la situation.

Le syndicat dit avoir encouragé ses travailleurs à retourner au travail, mais il n’était pas en mesure de dire si les problèmes de vendredi se poursuivraient samedi.

«Nous avons diffusé des bulletins pour indiquer que (ces actions) étaient illégales et qu’il pourrait y avoir des conséquences s’ils continuaient à agir de la sorte», a précisé M. Trbovich, évoquant de possibles congédiements ou peines d’emprisonnement.

Le Conseil canadien des relations industrielles étudiera les plaintes du syndicat au début du mois de septembre.

Une porte-parole de l’aéroport Pearson, Shabeen Hanifa, a recommandé aux passagers de vérifier l’état de leur vol en ligne, mais elle ne savait pas combien de lignes aériennes étaient touchées par le problème.

Les annulations et les retards touchaient principalement Air Canada, qui utilise l’aéroport Pearson comme sa principale plaque tournante internationale. Air Transat a indiqué qu’aucun de ses vols n’avait été touché. Environ une dizaine de vols de WestJet ont été annulés et quelques autres retardés.

Un porte-parole d’Air Canada, Peter Fitzpatrick, a expliqué que le conflit opposait la société actuellement chargée du ravitaillement de ses avions et ses employés de Toronto. «Des retards et des annulations sont conséquemment attendues et les passagers devraient vérifier le statut de leur vol avant de se rendre à l’aéroport», a-t-il recommandé dans un courriel.