François Legault défend Janette Bertrand mais attaque le PQ

PORTNEUF, Qc – Le chef de la Coalition avenir Québec estime que les propos de Janette Bertrand sont maladroits, mais il ne s’agit pas d’un dérapage de sa part. François Legault préfère s’en prendre à Pauline Marois qui a agi de manière «irresponsable» dans le dossier de la charte de la laïcité.

La «menace intégriste» existe, croit le chef caquiste, et les inquiétudes de Mme Bertrand témoignent de préoccupations réelles dans la population.

«Comme la plupart des Québécois, j’aime beaucoup madame Bertrand et elle reflète les inquiétudes de beaucoup de gens, entre autres avec ce qu’il s’est passé en 2001 et de l’immigration à Montréal, mais ses propos n’ont pas été formulés comme ils auraient dû être formulés», a indiqué le chef de la CAQ, à l’occasion d’un point de presse dimanche en fin de journée.

François Legault a refusé de qualifier de dérapage les propos de Janette Bertrand, qui a soutenu que les «intégristes» mettent «en danger» la société québécoise en «grugeant» certains droits qui mettent en péril l’égalité homme-femme.

«Mme Bertrand, personne ne peut l’accuser d’être déconnectée de la population et des Québécois sur le terrain, a soutenu le chef de la CAQ. Sur le fond, Mme Bertrand est inquiète avec raison», croit-il.

François Legault va même jusqu’à partager son désir de discuter avec la principale intéressée pour tenter de la rallier à la version caquiste de la charte. «J’espère lui parler à un moment donné, car je n’accepte pas le fait qu’elle pense que le seul parti qui peut régler la charte est le PQ. La Coalition l’aurait réglée et nous n’aurions pas fait de petite politique avec ça», a-t-il dit.

La CAQ s’attaquerait à la taxe santé dès mai

Plus tôt en journée, François Legault s’est une fois de plus présenté comme le défenseur des contribuables de la classe moyenne, alors qu’il menait une campagne de séduction dans plusieurs circonscriptions de la grande région de Québec.

Un gouvernement caquiste déposerait un nouveau budget dès le mois de mai et annulerait la taxe santé pour les contribuables gagnant moins de 45 000$ par année. La mesure toucherait l’ensemble des citoyens l’année suivante, a ajouté le chef caquiste alors qu’il était de passage à Portneuf, dans la région de Québec.

Quant à la taxe scolaire, autre bête noire de la CAQ, elle sera d’abord coupée de moitié au cours d’un troisième budget présenté par un gouvernement caquiste pour ensuite disparaître à l’an IV.

«Je suis prêt à prendre l’engagement de gérer comme il le faut le portefeuille des Québécois. Depuis trop longtemps, le Parti libéral et le Parti québécois utilisent votre carte de crédit», a lancé François Legault, en illustrant ses propos en tenant entre ses mains un portefeuille d’un côté et une carte de crédit de l’autre.

Par le passé, des partis ayant pris le pouvoir ont pointé du doigt la gestion des finances publiques par leurs prédécesseurs pour justifier leur incapacité à réaliser leurs promesses. François Legault a donné son assurance que cela ne serait pas le cas, si son parti prenait le pouvoir, alors que ses engagements s’appuient sur les états financiers vérifiés de 2012 et 2013.

«Il n’y aura pas d’excuses. Il y aura une baisse de taxes en 2014-2015 et il y aura l’équilibre budgétaire. Et ça, ni M. Couillard, ni Mme Marois le proposent», a-t-il soutenu.

François Legault a martelé sa promesse des baisses de taxes, alors que les premiers électeurs étaient appelés aux urnes dimanche, dans le cadre du vote par anticipation qui se poursuit jusqu’à lundi soir.

François Legault a visité, dimanche, plusieurs circonscriptions libérales. Le chef caquiste a cependant juré que le Parti libéral n’était pas davantage une cible que le Parti québécois dans ce dernier droit de la campagne. «On ne vise pas un [parti] plus que l’autre. Pour nous, c’est blanc bonnet, bonnet blanc», a-t-il laissé tomber.

François Legault a dit constater sur le terrain un changement dans l’attitude des électeurs à l’endroit de son parti. Les échos qu’il a de ses candidats sont positifs depuis sa performance lors du dernier débat télévisé de jeudi.

Le député sortant de La Peltrie, Éric Caire, est l’un des rares caquistes à avoir un local électoral, alors que bon nombre de candidats doivent se partager les ressources.

En entrevue à La Presse Canadienne, il a admis que cela permet une visibilité accrue et une meilleure coordination des troupes.