Un groupe de défense des consommateurs rejette les propositions du CRTC

OTTAWA – Un groupe de défense des consommateurs soutient que certaines chaînes locales de télévision pourraient fermer et que plus de 30 000 personnes pourraient perdre leur emploi si le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) adoptait certains changements proposés aux Canadiens.

Le CRTC propose différents scénarios qui permettraient entre autres aux consommateurs de choisir à la pièce les chaînes qu’ils souhaitent recevoir de la part des câblodistributeurs et des fournisseurs de chaînes satellite, en plus d’un service de base moins important composé majoritairement de chaînes canadiennes locales.

Dans un document publié jeudi, le CRTC proposait aussi la mise en place d’un prix plafond du service de base fixé entre 20 $ et 30 $, et de bannir la diffusion de publicités canadiennes par-dessus la diffusion simultanée de la programmation américaine.

Les Amis de la radiodiffusion canadienne soutiennent toutefois que si ces scénarios étaient mis en place, 19 stations de télévision pourraient devoir fermer leurs portes. «Les changements proposés par le CRTC constituent une recette pour la fermeture de stations et un dur coup pour la programmation canadienne», a déclaré par voie de communiqué à La Presse Canadienne le porte-parole des Amis, Ian Morrison. «Il serait plus difficile d’atteindre les nobles objectifs de la Loi sur la radiodiffusion que le CRTC doit protéger.»

L’organisme soutient que le résultat serait la disparition de plus de 31 000 emplois, et une perte de 2,9 milliards $ dans l’économie canadienne d’ici 2020.

Le CRTC rappelle que les propositions peuvent encore être modifiées, et qu’elles ne constituent qu’une base de discussions en prévision de consultations publiques qui ont lieu jusqu’à la mi-septembre.

Cependant, si les changements sont apportés tel que présentés, la Coalition des stations de télévision indépendantes de petits marchés (STIPM) a indiqué dans un mémoire au CRTC que les propositions «remettaient en question la survie des STIPM à travers le Canada».

«Il ne s’agit pas d’une menace, mais d’une réalité», a dit la Coalition, qui représente 19 stations indépendantes.

Les télédiffuseurs dans certains des plus petits marchés au pays seraient vulnérables, particulièrement à Rivière-du-Loup, au Québec, Kamloops, en Colombie-Britannique, Thunder Bay, en Ontario, et Medecine Hat et Lloydminster, en Alberta.

Dans un mémoire récent au CRTC, un groupe de 21 petites stations soutenait que leur situation financière était déjà très délicate. Elles ont indiqué que leur marge de profit était passée d’un peu moins de 15 pour cent en 2006 à un peu plus de 4,0 pour cent en 2011.

Si la fin possible de la substitution de signaux identiques permettrait aux téléspectateurs canadiens de regarder les publicités américaines, elle ferait très mal aux stations dans les petits marchés, selon M. Morrison.

Les plaintes concernant l’impossibilité de voir les publicités américaines surviennent habituellement lors de la télédiffusion d’événements sportifs majeurs comme le Super Bowl. Cependant, les chaînes canadiennes ont besoin de ces revenus publicitaires pour payer les droits de diffusion faramineux de ces événements.

Le CRTC propose deux options pour mettre fin à ce système: cesser la substitution de signaux identiques pendant les publicités, ou l’interdire uniquement pendant les événements en direct.