La famille du journaliste canadien détenu en Égypte est arrivée au Caire

Les parents d’un journaliste canadien détenu en Égypte sont arrivés au Caire jeudi, où les procureurs locaux soupçonnent leur fils d’avoir diffusé de fausses informations.

La famille de Mohamed Fahmy, 40 ans, soutient que ces soupçons sont faux. M. Fahmy en est à sa troisième semaine dans une cellule sombre et infestée d’insectes d’une prison qui détient certains des plus grands criminels d’Égypte.

La famille de Mohamed Fahmy est établie à Montréal depuis 1991.

M. Fahmy et deux autres journalistes, le correspondant australien Peter Greste et le producteur égyptien Baher Mohamed, qui travaillent pour la chaîne anglaise d’Al-Jazira, sont soupçonnés de possession d’équipement non enregistré et de diffusion de fausses nouvelles ayant compromis la sécurité du pays. M. Fahmy agit comme chef du bureau égyptien d’Al-Jazira.

Ils ont été interpellés le 29 décembre dans une chambre d’hôtel du Caire où ils travaillaient, après une descente de police aux bureaux de la chaîne par satellite établie au Qatar.

Des accusations formelles contre les trois journalistes n’avaient pas encore été déposées jeudi, mais le ministre égyptien de l’Intérieur a affirmé que les arrestations avaient été effectuées dans le contexte d’une descente contre les Frères musulmans, un groupe considéré terroriste en Égypte depuis le coup d’État militaire qui a destitué l’ancien président islamiste Mohammed Morsi.

Le communiqué du bureau du procureur en chef, transmis jeudi, a indiqué que certains des prévenus ont reconnu être membres des Frères musulmans, sans préciser lesquels.

Mais le frère du Canadien a expliqué à La Presse Canadienne que l’avocat de M. Fahmy, qui était présent lors de son interrogatoire jeudi, n’avait pas relevé d’allusions aux Frères musulmans. Il croit donc que son frère n’est pas concerné par ces allégations.

Al-Jazira a également rejeté cette accusation du procureur, faisant savoir que le communiqué était «inhabituel».

«Cela ressemble à une préconception sur une enquête qui est en cours, a affirmé un porte-parole du réseau. Notre équipe juridique et nos journalistes rejettent les allégations selon lesquelles quiconque se serait ‘confessé’.»

Les parents de M. Fahmy espèrent pouvoir voir leur fils, dont le prochain interrogatoire est prévu la semaine prochaine.

La famille espère également qu’une lettre envoyée par les autorités canadiennes, demandant à ce que le détenu puisse obtenir des soins pour une blessure à l’épaule, sera considérée par les autorités égyptiennes.

La famille de Mohamed Fahmy a immigré au Canada en 1991. Les quatre frères ont tous étudié au Canada avant de déménager pour le travail.

Mohamed Fahmy a notamment réalisé des reportages pour le New York Times et CNN avant de déménager en Égypte en 2011, où il est devenu chef de bureau au Caire.

La famille du journaliste espère d’Ottawa une pression diplomatique semblable à celle qui a permis de libérer du pays deux Canadiens, le cinéaste John Greyson et le médecin Tarek Loubani, l’automne dernier.

Un porte-parole des Affaires étrangères à Ottawa a affirmé que le ministère était en contact avec le journaliste et sa famille, qui soutient que le gouvernement canadien n’en fait pas assez pour obtenir sa libération.