Un Pakistanais accusé d’avoir des liens avec des goupes terroristes sera déporté

TORONTO – Un homme pakistanais qui a fait l’acquisition de nombreuses armes puissantes sera déporté aussitôt que les autorités canadiennes auront finalisé les détails de son renvoi, a-t-on affirmé au cours d’une audience d’immigration, lundi.

Il a été révélé lors du processus de contrôle des motifs de détention que Muhammad Aqeeq Ansari avait renoncé à son droit à l’examen des risques avant renvoi, ce qui ouvre la porte à sa déportation.

Naureen Ismail, un porte-parole du gouvernement, a déclaré durant l’audience qu’Ansari détenait un passeport canadien valide et que les services frontaliers canadiens préparaient les détails de son renvoi.

Ni Ansari ni son avocat n’ont participé au processus de contrôle des motifs de détention et on a jugé qu’il devrait demeurer détenu, a expliqué Anna Pape, une porte-parole pour la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada.

Ansari, un résident permanent âgé de 30 ans, a été arrêté au mois d’octobre, quelques jours après les attentats meurtriers contre des soldats à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Ottawa.

Dans une décision rendue le mois dernier, la présidente de la Commission, Alicia Seifert, a jugé que le concepteur de logiciels qui avait travaillé à contrat avec la Banque de Montréal appartenait à l’organisation terroriste connue sous le nom de Sipah-e-Sahaba Pakistan ou Ahl-e-Sunnat Wal Jamaal.

«M. Ansara participe à des activités depuis 2004, ce qui soulève de très sérieuses inquiétudes à savoir s’il est un extrémiste ou s’il soutient ou a déjà soutenu des activités terroristes», a écrit Mme Seigfert dans son jugement.

Ces activités incluent des déclarations qu’il a faites exposant les vertus du djihad, des publications sur sa page Facebook le montrant avec des armes à feu, et une photo de la tour Scotiabank à Toronto sous laquelle il a écrit: «Si seulement j’avais un avion», peut-on lire dans le jugement.

Selon les preuves présentées, Ansari a dépensé 20 000 $ en armes et en munitions entre les mois de mai et d’août 2012 alors qu’il habitait à Peterborough, en Ontario.

«Ç’aurait été acceptable si la raison pour laquelle il avait dépensé 20 000 $ en armes et en munitions avait été le résultat d’une irresponsabilité financière de jeunesse, et le fait de disposer de centaines de milliers de dollars pour la première fois», a écrit Mme Seifert.

«Cependant, le fait qu’il ait amassé autant d’armes en une si courte période de temps soulève des questions et des inquiétudes, qui demeurent sans réponse, concernant ses motifs et ses plans.»