Un pas de plus vers la route de Shoal Lake no. 40: un projet de loi est déposé

WINNIPEG – La réserve isolée de Shoal Lake no. 40, qui fait l’objet de l’un des avis d’ébullition les plus longs de l’histoire du Canada, se rapproche de son objectif: obtenir une route qui la reliera au reste du pays.

Le gouvernement du Manitoba a déposé mercredi un projet de loi qui permettrait à la province d’aider la communauté à financer la construction de la route permanente.

Cette réserve, située à cheval sur la frontière entre l’Ontario et le Manitoba, a été coupée du territoire il y a un siècle, lorsqu’un aqueduc a été construit pour alimenter la ville de Winnipeg en eau potable.

Elle n’a pas de route quatre saisons et, depuis 18 ans, fait l’objet d’un avis d’ébullition de l’eau. Ses habitants peuvent sortir en voiture lorsque le canal gèle en hiver, mais le trajet est très dangereux et a déjà fait des morts.

Le reste de l’année, un bateau effectue la traversée, mais son état se détériore et l’an dernier, les autorités l’ont jugé non sécuritaire. Le temps des réparations, les résidants de Shoal Lake étaient captifs de leur village.

Les professionnels de la santé et les ambulances ne veulent pas prendre de risque en s’y rendant, et les enfants doivent quitter le village pour aller à l’école, passée la huitième année.

«C’est une chose qui ne peut être ignorée plus longtemps», a déclaré le ministre des Affaires autochtones, Eric Robinson, qui a présenté le projet de loi.

«Les défis rencontrés à Shoal Lake no. 40 en matière d’eau potable, de coût de la vie et autres doivent être considérés.»

La route constitue une étape importante dans la réconciliation avec les Premières Nations, a-t-il dit.

Le chef, Erwin Redsky, a affirmé que sa communauté était «très très excitée» à l’idée de finalement avoir une route permanente, déjà surnommée la route de la Liberté. Elle permettrait aux aînés de rester chez eux puisqu’ils auraient accès à des soins de santé, et aux enfants de demeurer à la maison tout en recevant une éducation.

«Cette route est si importante. Nous pourrons commencer à rattraper le reste de la société.»

Le gouvernement du Manitoba est prêt à contribuer 10 millions $ pour la construction, qui prendrait probablement deux ans à compléter. La ville de Winnipeg et le premier ministre fédéral, Justin Trudeau, ont promis de donner le même montant.

Cela fait des années que les résidants du village militent pour une route. Une étude de faisabilité avait été payée par les trois paliers de gouvernance, mais l’ancien gouvernement conservateur refusait obstinément de s’engager dans la construction.

La nouvelle ministre des Affaires autochtones n’était pas disponible pour une entrevue, mais un porte-parole du ministère a affirmé que le gouvernement avait l’intention d’aller de l’avant avec le projet «Freedom Road».

Les choses évoluent rapidement, selon Ernie Gilroy de l’agence East Side Road, une initiative visant à développer les transports entre l’est du lac Winnipeg et la province, qui serait en partie responsable de la construction de la route. L’agence a déjà conclu une entente avec la réserve pour s’assurer que les résidants qualifiés seraient embauchés dans le chantier.